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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 19:20
de la liste verticale à l'ordre avant/après et à "l'écrire"
de la liste verticale à l'ordre avant/après et à "l'écrire"
de la liste verticale à l'ordre avant/après et à "l'écrire"

de la liste verticale à l'ordre avant/après et à "l'écrire"

Les avancées de la séance précédente :
= Étayage
La réponse "directe" ne tient pas compte du contexte de la question. Il faut donc guider l'accès à l'énoncé souhaité.
= Repérage énonciatif de la temporalité
Les mots ont été posés mais pas encore "actualisés" dans un travail spécifique. Ils restent une indication visuelle sur un tableau qui oriente...
= Ouverture à "l'énoncé"
De l'axe vertical (paradigmatique) cf. ci-dessus, à l'axe horizontal (syntagmatique), le travail de construction des réponses aux questions cf. scénario, et des mots se poursuit dans l'interaction oral/ écrit

Langage et énonciation

La généralisation d'un ordre séquentiel

La séance suivante, Yann, trisomique de 21 ans mais pas que, vient donc avec sa mère et l'annonce dès la question rituelle à l'interphone. Il adapte sa réponse à tu es seul ? 

- avec Catherine

Le scénario est bien acquis, et peut-être l'usage de "avec". Ce sera à vérifier dans d'autres contextes. Sinon cela reste un énoncé tout fait. Une forme de salutation. Mais c'est un mot "grammatical", et cela c'est nouveau. Y en aura-t-il d'autres pour qu'il intériorise cet élément essentiel à l'énoncé? Reste la reprise catégorielle "je suis" qu'il faut travailer encore même si elle est presque perceptible dans sa façon "d'esquisser" des mots..

Après avoir mis le bouquet de son jardin qu'il m'a apporté dans un vase, nous allons vers notre espace de travail et je lui demande de montrer à maman ce qu'il avait fait la dernière fois où elle n'était pas là. Les étiquettes des jours de la semaine se trouvent en tas sur la table, à côté du tableau, mais il les range à leur place comme sur le tableau de feutre. Je lui demande alors : Pour toi c'est quoi?

- la date.

C'est pour la date OK. . comment ça s'appelle tout ça? (geste qui englobe les étiquettes)

- souseaine

Les jours de la semaine

- les jou semaine

Quel jour on est ?

- samedi

C'est quel jour que tu fais de la kapoera?

- mercredi

Quelques repères "vécus" facilitent le repérage.

La mère demande : tu as été en stage, qu'est-ce que tu as fait en stage? Au lieu de répondre il suit son idée ("fait?" au CAT)

- C'est poignée de potes.

Quand il a repris les vignettes il n'avait donc pu s'empêcher de les mettre en colonne verticalement, comme sur le tableau de feutre. Nous avions travaillé à écrire les premiers la séance précédente, et je me propose de travailler à écrire les deux autres. Où en est-il de l'aide réciproque qu'apporte l'oral à l'écrit dans son acquisition du langage?

Pendant que sa mère me raconte ce qu'il fait à son poste de travail car elle a pu visiter l'atelier, travail à la chaîne où chacun est à son poste et fait toujours la même chose... (emballer une poignée de porte), il joue avec la matriochka, poupée russe que j'avais placée en haut de la flèche verticale du tableau comme point de référence. Il les sort toutes, les classe, les remet en place en silence, écoutant notre échange et mon commentaire blasé. Marc (un handicapé mental adulte épileptique et dysarthrique que j'avais suivi pour lui apprendre à parler, à compter et des bribes d'écrit) m'avait déjà initiée à cet aspect du "travail" en CA. C'est purement répétitif dans un travail à la chaine. Il ne eut y avoir d'organisation "syntaxique" que dans le produit fini!!! C'est bien une chaîne qui les cosntruit.

Il commente les explications en précisant son intervention.

- pris mateau

Sa mère poursuit. Les percussions c'est quel jour? Le samedi 4 juin, mais le dimanche ce sera pour lui le passage des ceintures. Nous commentons tous pas pareils, tous égaux... Sa mère raconte et lui prend alors des lettres

Ecrire pour dire

NIN puis JA en prinonçant.

- dijago.

Intriguée je demande ce que cela veut dire. Elle me dit qu'il l'a vu sur internet, il acquiesce

- ouais pas à la télé

Je lui fais transférer le mot écrit sur la grille. Je reexplique le tableau et place une des mariotchka pendant qu'il referme les autres qu'on met de côté.

On va faire?

Il suit son idée et voudrait développer

- zen ...?... Je connais! De temps en temps je rappelle

Je recentre sur la tâche du jour, se rappeler les jours à écrire. Au jourd'hui ?

- samedi (avalé mais identifiable) Il sort S  I

- D I ,  j'suis bête.

Je répète le mot plus fort un peu syllabé.

- j'essaie S A

Je redis sa - me (avec geste mais il se refuse à regarder) et à côté du m pour qu'on l'entende.

Il a réussi à l'écrire. Demain c'est quel jour ?

 - dimanche

Il trouve la dernière syllabe et l'écrit avec avec le nom des lettres C H . Comme pour M (samedi) il manque un e.

Il trouve le début

- oui c'est D. le i viendra de lui-même mais il le place après le che.

Je commente : le jour où on travaille pas. Je lui annonce on fait -manche-. Il trouve M veut mettre un e . Non pas e man. Pour trouver le an je fais A (geste de la main ouverte sur le nez) il ne veut pas regarder mais  retrouve le N.

Il veut ensuite écrire

- loto.

Je lui demande quand ?

- aujourd'hui avec

qui ?

- avec Catherine. C'est pas gagné !

Il veut ensuite écrire Kapla, je lui donne l'indication de comment s'appelle maman qu'il vient de nommer. Il trouve Ka et réussit.

On va travailler à écrire Catherine pour la première fois sans avoir vu de modèle, donc sur la base de l'oral..

. Comment on va écrire ka l'autre k tu sais,

C A

maintenant te, il sort T I je dis il manque le e. Il a sorti R I. Posé CA RI. Et qu'est ce qu'on va mettre au bout ?

- ne

Je précise ne c'est n et e. J'insère le h dans la syllabe TE qu'il avait omise.en la mettant à sa place.

La photo est là pour témoigner de ses efforts et progrès.

Les avancées de la séance
>Évocation de mots
- le repérage du temps passe par l'expérience personnelle,
- la réponse aux questions semble se faire à partir d'un mot inducteur en lien avec sa propre démarche de pensée qui ne tient pas compte de l'enchainement des énoncés précédents : il reste dans l'ici et maintenant du déroulement de l'action en cours. L'étayage reste nécessaire à cette actualisation.
>Langage
- il a maintenant l'usage du mot grammatical "avec" et commence à se repérer dans le temps (cf. demain)
- ses commentaires spontanés sont toujours aussi nombreux, justifiés voire avec humour (cf. le loto où il joue sur le mot "gagné" car il utilise cette expression d'habitude quand il est face à une difficulté. Un certain "jeu" apparaîtrait donc.
>Parole
- les mots sont certes souvent escamotés dans un premier temps mais il prend l'initiative de rechercher les lettres pour les écrire. Il se réfère à certaines syllabes qu'il maîtrise mais si l'ordre Consonne+Voyelle est respecté dans son écriture, celui des syllabes dans le mot demande encore un travail d'entrainement à le percevoir. Répéter en ralentissant etc... Il refuse dans un premier temps de regarder les gestes qui pourraient l'aider s'en tenant au canal auditif et à sa propre perception.

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 20:53
Yann et le Sacre du Printemps (trisomie)

Cet article interrompt les compte-rendus des séances de récit sur images correspondant à ceux d'Artus sur l'autre Blog. Comme pour ce dernier, les progrès de l'expression verbale sont manifestes, à des niveaux différents car Yann n'a pas encore acquis la structure des mots dans leur forme verbale pour être tout à fait compréhensible.

C'est encore une autre thématique qui est proposée dans celui-ci : Yann va reconnaître la musique jouée par l'orchestre et la décrire en "racontant" avec force gestes expressifs le film où il l'a entendue qui appartient à ses DVD favoris. Le sous-titre pourrait être MUSIQUE ET IMAGE.

Première partie de la séance : l'écrit soutient la parole

Qu'est-ce que tu as fait hier?

- Un grand Kassè (concert)

- Où ?

- sais pas

La mère précise et gardera la parole pour expliquer les circonstances ....

- à La Villette

J'écris 'à La Villette' et il le répète.

- à la Vi-llette.

Elle explique alors qu'ils n'ont pas beaucoup travaillé avec les tableaux... mais dans le Jardin. Il y avait 3 places qui étaient disponibles et c'est comme cela qu'elle a emmené Yann à ce concert.

Yann feuillette le fascicule qu'il a apporté de la saison 15.16 de l'Orchestre national d'Ile de France puis cherche sur son appareil les photos qu'il a prises.

Trois morceaux différents étaient au programme. Le compositeur, Milho, le monsieur qui a écrit la musique... Il a un peu dormi pendant le 2e. Il y avait un pianola (relié avec le piano qui appuie sur les touches du piano à la place du pianiste qui pousse des manettes). On cherche sur l'appareil photo où on peut le voir.

2ème partie de la séance : fonctionnement associatif

Après, poursuit-elle, Igor Stravinsky. Le Sacre du Printemps. Je lui demande de le laisser s'exprimer. 

Il s'appuie sur les photos qu'il a prises, Elle m'explique qu'il connaissait la musique qui est celle du film Fantasia 1 qui a été sa grande passion et qu'il connait par coeur. On cherche le 2e tableau...

"Ah le faucon, non c'est pas l'autre

le vo(l)can (j'écris en parallèle pour le lui faire reprendre)

c'est que les flammes

(suit un passage confus pour moi où il nomme les héros que je ne peux noter accompagné de gestes mimant des actions)

"ça fait splosif (gestes des bras à l'appui et le bruitage suit) esplose

et les pétards aussi (j'ai l'air étonnée) il explique

le folcue (sa mère traduit le barbecue)

J'écris barbecue et place en "sons" au dessus de cue/kiu

le fromage en Kiri (association avec le K que je viens d'écrire).

Troisième partie : le support visuel de cette mémoire associative

Sa mère explique que pendant le concert il voyait la scène et lui racontait tout alors qu'elle disait chut... Elle commente :

"Les choses que tu voyais , le tyranosaure etc...elles étaient dans l'image, des images dans ta tête"

Je complète : c'était la musique du film.

Il repart sur le film, le tyranosaure Rex, fait les gestes tout en le nommant,

Sa mère poursuit : il attaquait un autre, qui ? et toujours les gestes où il s'identifie au personnage gestes où il se défoule... Il était dans l'action, il les enchaînait. Certaines situations servent de facteur déclenchant.

cf. pomme rouge, et il embraye sur un dessin animé (il a l'usage d'internet et s'y débrouille très bien en plus de ses cassettes et maintenant DVD) Blanche Neige.

Par exemple Bambi : il sait qu'il est triste dit-elle.

Je lui rappelle le dessin animé de Petit ours Brun va au marché, première "histoire" support d'un travail sur la "séparation/individuation" de ce grand garçon d'une dizaine d'année quasiment sans langage, du temps de Windows 95 (ces supports ne fonctionnent plus bien sûr même mal avec XP).

ANALYSE
Je rappelle que Yann a un langage énonciatif, il s'exprime avec ce qu'il arrive à mobiliser au niveau de la parole en l'accompagnant de gestes de type mime. Le mouvement était au cœur de ses premiers dessins. Ce corpus confirme qu'il est très visuel. Sa pensée et son expression s'appuient sur des images.
Une enfant m'avait expliqué comment elle voyait se dérouler le film comme sur la fenêtre de l'histoire des 3 petits cochons qu'elle me racontait (voir en lien un chemin de mémoire).
Les photos qu'il prend sont vraiment un excellent support pour l'accompagner dans son acquisition du langage très retardée certes, mais bien là. Sa curiosité le guide à la découverte du monde qui l'entoure et qu'il fixe ainsi comme un support à la mise en mots qui n'a pu se faire encore par les voies habituelles du bain de langage. Le travail de langage que nous poursuivons actuellement l'aidera sûrement à mieux différencier réel et imaginaire.

Mémoire et conte de fées

Dernière partie

Sa mère revient aux photos qu'il a prises : tu as vu tous les instruments ?

 

En guise de conclusion : où situer le fil conducteur qui a permis à Yann de retrouver en les anticipant toutes les séquences du film ? La musique qu'il retrouve en est-elle le facteur déclenchant ou la séquence d'images enregistrées dans le cadre d'une identification aux acteurs est-elle le support de son écoute d'une musique retrouvée ?  Les deux sont mémorisés intriqués. Il n'était plus question pour lui de dormir...

De l'oeuf et de la poule ...

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 21:03
Des premiers cactus au dernier réalisé sans aide (essais et erreurs): 10 ans ont passé
Des premiers cactus au dernier réalisé sans aide (essais et erreurs): 10 ans ont passé
Des premiers cactus au dernier réalisé sans aide (essais et erreurs): 10 ans ont passé

Des premiers cactus au dernier réalisé sans aide (essais et erreurs): 10 ans ont passé

Le support du puzzle du cactus a permis à Yann (enfant trisomique) de réaliser que le cactus était situé entre terre et ciel et que sa réalisation avec puis sans modèle permettait de trouver qu'il fallait suivre des sortes de chemins pour qu'il y ait une continuité des éléments à assembler. Une première image montre ses essais au cours de l'éveil au langage, entre 9 et 10 ans.

Ce jour-là, 10 ans plus tard, après m'avoir parlé du concert, Yann seul avec moi, va dans notre salle de travail et se saisit du Kangourou posé sur le divan. Premier travail prononcer correctement le mot .sans escamoter la 2e syllabe. Je tente une nouvelle approche en situant chaque syllabe sur l'animal du ventre =kan au cou =gou à la tête =roux (comme les cheveux). Il a, comme toujours, beaucoup de mal avec cette 3e syllabe, d'autant plus que le schème correspondant au raccourci de sa parole est inscrit depuis longtemps. Cou=gou l'aide un peu car il dit effectivement cou sans trop le sonoriser...en s'étayant sur les parties de l'animal comme support. J'associe alors sur un support de structuration spatiale qui s'était révélé très important pour son évolution au cours des premières années... le cactus.

Commentaire des photos qui ont jalonné sa réussite finale: après s'être lancé "intuitivement", tâtonnements manifestement dirigés.

- Ligne du sol, tige, embranchement, soleil dans le coin à gauche, monte sur un côté, nouvel embranchement

Premier commentaire: "attends, il est dur". Choix d'un élément :"çui-là" (prononcé Kui) pose un carreau avec un soupir.

Il recommence en bas directement avec l'embranchement double, met un 2e: Photo 1

- il monte ensuite une 1ère tige puis une 2e. Je m'absente quelques instants, il recommence tout, le kangourou près de lui. Il a placé un carré en haut, les nuages à droite, en descend un

- je lui montre un bout avec un oiseau: "ah oui" et il le met en haut.

"i manque 2" (en fait plus) "une bonne idée" (un bout sur le côté). Il est dans une impasse et fait d'autres essais. Je lui montre un à retourner: "mince alors". Il réussit jusqu'au bout en laissant juste un oiseau verticalement."Bon ça donner Jacqueline?" Après l'avoir félicité, je lui suggère l'échange, il en est ravi.

Nous passons alors à l'application de notre programme du jour privilégiant la différenciation d'éléments de base dans le champ sonore cette fois avec le "sonar" de TV Neurones sur l'ordinateur. Il a emmené le Kangourou avec lui. Nous reprenons les oppositions de base, avec le problème d'intégrer les éléments pour réaliser la consigne qui change. Il lui faudra plusieurs essais pour la réussir : court/long (3e fois), fort/faible (2e fois), aigü/grave (reformulés en haut/bas) (3e fois), court/long (2e fois), il hésite entre les 2 "ah oui je l'ai entendu çui-là".

Pour se "récompenser" de ses efforts, il se choisit "la carte au trésor" (un peu comme le cactus) mais prend "facile" alors qu'il en est au niveau "moyen".

Discussion

Yann s'autonomise de plus en plus. En l'absence de sa mère, il "adopte" une marionnette (étayage d'un objet transitionnel? Partenaire d'un dialogue intérieur?) et réussit. Son parcours, ses commentaires, témoignent de son mode d'apprentissage. Le travail spatial reste indispensable comme support de la séquentialité de la parole pour intégrer ce fameux 3e élément qui, dans sa dimension symbolique représente le tiers séparateur.

Le kangourou

Le kangourou

Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 10:24
Que faut-il savoir lire?

Que faut-il savoir lire?

Il s'agit aussi de "cadrer" Yann comme on a pu le voir lors de sa crise car il revendique toujours d'être considéré comme un adulte, aussi reprenons nous point par point ce que signifie être grand, et que lire n'est pas seulement déchiffrer un mot que nous rencontrons.

Nous passons en revue les efforts qu'il va lui falloir faire, tout ce qu'il faut savoir, donc apprendre, pour "grandir" vraiment...

Il va de lui-même vers le panneau de feutre où on reconstitue la date du jour en choisissant le nombre, le jour, le mois, l'année...

Je reformule le 'quand tu veux' de sa mère en 'quand tu es prêt'... et... allons sur l'ordinateur.

Plusieurs articles ici même discutent de l'évolution des formes d'expression de Yann, faisant le point en quelque sorte sur son langage. Il dispose d'un langage spontané qui s'élargit de plus en plus, en lien avec cette autonomie qu'il revendique dans un premier temps en occupant l'espace sonore qu'il occupe sans retenue d'ailleurs sur la base de figements le plus souvent, mais aussi avec quelques propos construits sur un mode parataxique.

Il chante "Zaz". Il me dit "je pense maman contente". Il dit souvent "ja raison, moi". "C'est la Kas" pour classe!. Il commente ce qu'il voit dans nos exercices: "ah oui, y en a plein çui là....on entend Catherine (sa mère) qui fait... Et voilà"

Il veut lire bravo, s'applique: "bé ra va o" ... Il commente encore "...c'est pas gagné... jacqueline (moi) c'est un copieur".

Je marque sur le boulier ce qui reste à faire: "on avance". Extraits de ses remarques: "Ah! deux fenêt(r)es" "... moi j'attends (Noël)... les deux mariages (étonnement de ma part) c'est une blague".

Nous travaillons sur le "reste". Il a une perception globale de "5". "ah! j'ai compris". "Oh la la c'est la chance!" Mais cette perception globale ne concerne pas encore (?) les syllabes car il ne retrouve mais la lecture de bravo.

Les deux derniers énoncés cités sont particulièrement importants car ils témoignent du fonctionnement d'une capacité métacognitive à l'égard de ses difficulté à faire mettre en œuvre une capacité métalinguistique!

Nous en étions restés, dans les articles les plus récents au moment de sa révolte qu'il avait dépassée en "plaçant" une croix dans le créneau de l'horaire pour manifester son opposition par un signe écrit avec un quasi gribouillis traduisant le côté émotionnel.

C'était la séance où, pendant qu'il restait buté, s'exprimant par son comportement avant de le signifier comme sous le coup d'une impulsion par un signe graphique, le mariage avait été posé comme un acte de grand, avec comme point de départ, savoir lire et écrire. Depuis il n'arrêtait pas de chantonner : il peut chanter, il veut même aller à la télé et, de plus, de mon point de vue, il s'exerce ainsi à faire défiler des groupes de mots. Depuis, également, il commençait à lire tout fort ce qu'il voyait de court: il peut lire, ouvrant ainsi de nouvelles pistes pour le faire progresser, comme cela va se passer pour les grands nombres.

Évidemment, il ne tient aucun compte de la présence des autres ni du lieu, et comme il a une voix qui porte et exprime souvent ainsi ses émotions, s'il n'est guère "sortable", il fatigue également de plus en plus son entourage. Il ne peut encore intérioriser ce qu'il arrive à exprimer. Il n'a plus l'âge de ce qu'on peut tolérer d'un enfant de 2-3 ans à 5-6 ans !

Un facteur externe va intervenir également: il va changer de cadre, en effectuant un stage à la SAS où on pense l'orienter, l'année prochaine. Il va y aller une première semaine avant les vacances, et celle de la rentrée. Cela va nous permettre d'être dans une réelle situation de communication: nous ne connaissons pas les réponses et ne pouvons les deviner sans son aide. L'emploi du temps avec ses colonnes vides sauf celle du samedi réapparait pour servir de support concret à nos "discussions" en nous référant au temps.

Lorsque cela se précise, après que sa mère m'ait informée également du fait que les démarches ont été entreprises pour qu'il soit sous curatel renforcée, avec AS, il ne reste qu'à attendre... je demande l'adresse de la SAS et Yann va de lui-même chercher son "agenda" album qui contient tout de sa vie, donc, pour que nous puissions la lire ensemble. Je la recopie... et lorsqu'il y est allé une première semaine, nous parlons du changement d'emploi du temps. Le tableau des jours de la semaine n'est jamais bien loin même s'il nous arrive de n'en exploiter qu'une partie. Après la localisation, le temps est ainsi exploré, le rythme des activités, nécessaire repérage pour qu'il puisse s'y situer comme "personne" et s'exprimer comme telle.

Après cette semaine de stage, il arrive en disant

Le nom de la ville qui différencie cette SAS d'une autre dans sa propre ville avec le commentaire "Super". Nous essayons alors de reconstituer les actes qu'il accomplit dans ce nouveau cadre qui montrent les progrès accomplis sur le plan de l'expression verbale.

Que fait-il comme travail ?

  • il répond en "nommant les objets":

- boutons

- étiquette sur quoi? des boites

  • Reconstitution des actions avec étayage ++

1) compter 6 boutons (pas 5) (rappel d'une consigne?)

2) dans une boite

3) ferme la boite (mime: la plie. dans le trou)

  • Il y aurait un 2e travail:

- étiquette dessous.

Qu'as-tu mangé?

mangé des lasagnes et de la salade aussi et des oeufs mayo en entrée.

Combien de jours tu es allé?

6 fois (en fait 5)

De quelle heure à quelle heure?

8h30-17h15. Sa mère précise: le vendredi il mange à la maison etc...

La séance suivante il introduit d'emblée:

"à la SAS"

Je lui demande 'ça te plait toujours?'

oui à R.. (nom de la ville)

Il lit au tableau 100x10, on le refait sur bristol (voir article). Il connait par le Monopoly.

Nous recherchons ce qu'il a fait en le situant sur le tableau des Jours de la semaine: sa mère lui fait préciser ce qu'elle connait:

Vendredi il n'y a pas eu de sport. Nous écrivons sport, atelier, sur de petites étiquettes qu'il recopie et que nous plaçons ou non.

  • Première fuite:

Il tombe sur la feuille qu'il a composée avec ses Kaplas et nous jouons à: à quoi cela fait penser. Le premier fait penser aux ponts en Hollande. Il y est allé en famille. A vu une exposition de Van Gogh.

  • Nous reconstituons alors ce qu'il a fait:

présentation de "fleurs dans un sachet" (graines?).

Il ne veut plus poursuivre mais veut bien reprendre les grands nombres avec de nouvelles fiches: de 1.000 nous allons à 9.000 et introduisons 10.000: ce qui change permet d'inscrire ce qui est permanent.

  • Autre fuite:

Le livre avec les caractères chinois se trouve accessible, il les connaît, avait entrepris de les écrire, dans sa quête d'écritures/dessins après les hiéroglyphes, les listes de noms des pokémons etc. il les compare aux caractères vus dans un film japonais vu le 4 mars...

Discussion

En récompense à tant d'efforts de sa part, nous irons les deux séances sur l'ordinateur retrouver Presco enfant, avec le jeu "range ta chambre" qui va lui permettre non seulement de préciser la compréhension du vocabulaire spatial et d'objets usuels utilisé mais d'identifier l'interprétation de consignes où il est précisé d'avoir à ouvrir portes et tiroirs avant d'y placer des objets. Ce dernier point demande une réactualisation à chaque fois mais cela viendra sûrement... comme le reste. Anticiper donc par rapport à l'action de base à réaliser... Le temps de se refamiliariser avec les éléments dessinés à redécouvrir, ce sera surtout à la séance suivante qu'il réussira à s'autonomiser un peu de l'étayage au point de le terminer seul. Il est très fier de réussir les commandes orales qu'il a lui-même paramétrées (le plus simple).

Le jeu qui succèdera à ses efforts dans les séances suivantes sera Les chemins de TV neurones, où il parvient également à s'autonomiser, qui sous tend non seulement la prise en compte de deux critères dès le niveau facile mais la lecture des scores obtenus dans les centaines, leur comparaison etc.

De nouveaux commentaires métacognitifs sont apparus.

Invité à ranger les éléments puzzles d'une boite "mosaïc" qui se trouvait sur la table, il demande à reproduire un des dessins selon le modèle, jouer avant de se plier à une consigne de ranger (selon un modèle donné qu'il choisit entre 4). Il est alors dans l'auto-contrôle et le verbalise: "oui c'est ça!" (pour le haut des piliers).

Il a donc cette capacité d'auto analyse qui témoigne d'un langage intérieur, dialogue avec soi-même, qui renforce le sentiment d'exister en tant que sujet d'une parole qui n'est plus seulement un marquage "énonciatif" mais devient "référentielle" dans le cadre d'un vécu personnel...

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Published by Jaz - dans langage
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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 18:21

Nous y sommes

Yann se rebelle. Il a chanté dans la voiture en venant, sa mère n'en peut plus. En fait, s'il est en retard c'est aussi qu'il ne veut plus aller à la piscine. Il est passé d'un groupe d'ados à un groupe d'adulte...et ce n'est plus aussi ludique.

 

Après avoir épuisé dans le logiciel TV Neurones Le maçon aux 3 niveaux et Super Puzzles au niveau moyen, nous sommes passés au jeu "la carte au trésor": 

 

Il se sent très fier de réussir dans ces jeux, conscient de l'effort que cela lui demande. S'il a fallu le guider au niveau des consignes il y arrive seul maintenant. La discussion sur grandir avait précédé les vacances et sa mère a eu du mal à "faire avec" sa parole incessante, ses chantonnements perpétuels. Il va aller en SAS. Un stage de 3 semaines, précédé d'une prise de contact.

Yann NONAvant d'avoir connaissance de ce comportement récent, il me semblait qu'il était temps de revenir au travail sur le temps pour ensuite mettre en place une nouvelle organisation des semaines à venir. J'avais préparé un cadre avec des colonnes pour chaque jour, mais son opposition, son mutisme avec cet air buté qui lui ressemble si peu, me font me centrer sur ce qui se passe le samedi, le jour de nos rencontres. Je prends donc une nouvelle feuille réservant l'emploi du temps à une autre séance, n'écrivant que samedi. Aujourd'hui donc. Il écrit en rouge. Je me réserve le bleu: une fois par mois il ne vient pas à la même heure.

Quand on arrive à la case suivante, il fait une croix et la renforce d'un gribouillis au cours de la discussion, refusant d'écrire PISCINE.

Nous nous y mettons à deux, sa mère et moi pour analyser le pourquoi de son refus. Elle m'explique qu'il était tout à fait d'accord pour être inscrit, mais a changé de groupe, sa soeur aussi: des adultes maintenant. Qu'il soit d'acccord ou non, il est inscrit, il n'a pas le choix. Et nous reprenons notre discours de la fois précédente, il grandit, mais cela impose aussi de se conduire comme un grand et non comme un bébé... etc...

Pour un peu, tout à sa contrariété, il refuserait d'écrire percussion alors qu'il adore...

 

Discussion

Son comportement devient difficile pour l'entourage, il manifeste une opposition massive, conjugant celle de l'enfant de 3 ans qui prend conscience de lui-même  dans sa conquête même du langage, en utilisant le non, et celle de l'adolescence où ce conflit se trouve réactualisé, pour conquérir une autonomie qui signe l'entrée dans l'âge adulte.

Il n'a pas écrit piscine pour le barrer ensuite, il a marqué l'espace avec le symbole qu'il a utilisé sur les mots écrits dans l'exercice qui les  a fait exister pour lui: les supprimer. Une sorte de dénégation du mot représentant ce qu'il ne veut pas faire dans ce temps qui lui est réservé. Il n'en est plus au signe étiquette seulement, mais entre dans la modalisation. Le côté affectif de sa révolte, se manifeste dans une expression symbolique qui marque également ses progrès.

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  • : Le blog de J Zwobada Rosel
  • Le blog de J Zwobada Rosel
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- L'avatar correspond à des dessins d'enfants tels qu'ils me voient. Il y a 30 ans, un jeune malentendant de 9 ans me dessinait avec des taches de rousseur (non non ce ne sont pas des larmes!)
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