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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 16:32
Travail de langage préalable
Travail de langage préalable

Travail de langage préalable

La séance suivant celle de la présentation de ce nouveau support de travail, Yann arrive avec la grille tout juste commencée.

Pourquoi ce deuxième article? Il s'agit pour sa mère de reprendre la main sur le mode d'emploi du livret. Yann s'en tient à une activité de recopiage. Sa mère veut qu'il trouve le mot à partir du nom en l'écrivant alors qu'elle lui dit la syllabe dans sa démarche habituelle d'étayage de l'écrit. Elle a essayé de le faire travailler, il allait toujours chercher à la fin du livret comme nous l'avions fait d'ailleurs ensemble pour l'aider à trouver ceux qu'il connaissait moins et n'arrivait pas à écrire.. Elle est fatiguée et le conflit se résout par un geste d'exaspération pour fermer le livret, ranger le tableau de référence des lettres pour faire les sons, en tapant sur la table et la réponse de Yann est de jeter violemment le crayon. Ce n'est pas la première fois que cette situation se produit, et nous avons déjà du renoncer à travailler quand Yann ne veut rien entendre.

Le nouveau titre apporte la réponse à la question qui se pose, comment changer la façon de "travailler" avec ce support pour que Yann puisse améliorer son "langage"?

Les mots à trouver ne sont pas seulement ceux d'une liste mais appartiennent à des objets de l'environnement de Yann, dont les connaissances lexicales sont d'autant plus réduites en "expression" qu'il a toujours beaucoup de difficulté avec les mots de plus de 2 syllabes. Il n'en était pas là à l'âge où ce lexique s'acquière par un travail dit de "langage" pour ceux qui présentent un "retard".

À PROPOS DE L'ÉTAYAGE (cf. LA ZONE PROXIMALE DE DÉVELOPPEMENT (VIGOTSKY)
"Il s’agit donc, pour l’adulte, de s’adapter à l’enfant en formulant des hypothèses en fonction des premières interactions de la situation etc... mais aussi en fonction d’un savoir implicite qu’il a sur cet enfant, sur le fonctionnement psychique en général, et de la connaissance d’autres modèles favorisant l’analyse des corpus recueillis."

DIALOGUE ADULTE ENFANT dans l'interaction thérapeutique

Les contextes

Les contextes

Travail de Langage préalable

OBJECTIF : Construire le lexique de base, en contexte.

'Montre-moi ce que tu as fait'.

Yann n'a inscrit que 2 ou 3 mots dans la grille. Le travail de "langage" va commencer.

'C'est la page de quoi? Reformulé en "situation" Comment s'appelle la pièce?'

-"salle de bain"

Nous nous centrons sur l'image globale qui permet de contextualiser les mots de la grille.

- 'Tu as mis quoi comme mot' (à montrer sur l'image globale donc)

- "savon

- 'il est sur quoi?' ( actualisation des outils grammaticaux de base sur/sous/dans/à)

Silence amenant une reformulation de la question:

'Comment ça s'appelle là où il y a les robinets?'

- "(en aparté car c'est son nom de famille que je viens d'évoquer) Toujours le nom de ma famille oh la la lala! (Excédé)"

Je donne le nom qu'il ne doit pas utiliser (sa mère l'appelle autrement): 'lavabo'

Il répète à mi-voix "namabo". Je le lui fais travailler en répétition avec gestes de ma part à l'appui pour les consonnes.

De lui-même il montre : "là... brosse... " (entrée déictique)

- 'Non, pas tout à fait' et on précise 'brosse à quoi?'  

- "dents" (il ne reprend pas le à. on reprend la mise en place du mot composé: geste des consonnes à l'appui + le geste de la main ouverte pour renforcer le à en 2e syllabe.

Il se dépêche de changer de sujet et dit de lui-même

- "dous" (douche)

puis il précise un élément qu'il reconnait et il marque cette reconnaissance en le précisant

- "peigne c'est ça"

- "chien"

'd'habitude pas dans salle de bain'

- "suillette" (serviette)

Nous travaillons la prononciation en 3 morceaux avec les gestes Borel. En l'écrivant de surcroit : ser (point sous le r vi ette

- "gant il est là"

- "et là seau " (verre)

je me moque gentiment 'tu bois dans un seau?' et lui demande 'où est la serviette' en ajoutant 'de toilette?'

-"table" (tabouret)

Je lui rappelle le début de la séance : 'tu enlèves le tabouret et tu mets le tien'. 'Tu te rappelles?'

Je mime aussi sur la table l'éponge pour nettoyer:

-"ponge"

Il répète la correction -" é-ponge"...

La saturation est là, il veut absolument me montrer le nouveau livre (un N° de Youpi) sur lequel il s'essaie à lire avec sa mère. Il y aura donc une séquence de détente et d'expression spontanée  en regardant l'image du livre avant de revenir à l'inventaire de la salle de bain.

Langage et image
La démarche de Yann a d'abord pris en compte les mots et les images isolées de l'autre page pour inscrire 3 mots avant de venir (repères numériques pour les situer).
Il fera la navette d'une page à l'autre au cours du dialogue de ce corpus jusqu'à ce qu'il cherche directement sur l'image, objectif que je m'était fixé : il l'indique par "il est là" pour le gant et enchaîne "et là" seau. Il utilise donc une autre entrée pour identifier le lexique que celle du mot écrit ou de l'image qui le représente isolé ("vu" sans être nécessairement "lu", identifié par le lettre à lettre en quelque sorte).
Pour que ce lexique s'inscrive dans son expérience personnelle et non, seulement, dans l'identification de l'image lorsqu'il ne le prononce pas bien, j'utilise des évènements récents, en particulier le mime, sans penser pour autant que cette démarche suffira à l'inscription du mot dans son lexique. Toujours ce problème de "parole". .

Langage et parole

Autour du seigneur et du moyen-âge.

Autour du seigneur et du moyen-âge.

Sa mère a utilisé le texte en lui faisant repérer certaines graphies de  voyelles qu'ils étudient. Il "raconte (dénomination) et commente".

- "Chopper"

Sa mère précise 'Pas dans dessin animés. C'est comme le papa de Bambi, plus ou moins. ça ressemble à Chopper' et  insiste,'mais c'est pas lui'.

-" je connais mais sais pas son nom"

Je différencie nom et prénom et lui dis cerf.

Sa mère lui fait lire dans Tom et Nana

-"c'est princesse"

Sa mère lui demande son nom et le lui fait lire

-" é-me-line"

- "c'est lui la princesse"

Je l'arrête, et contextualise 'elle'.

A la page des devinettes (paires),

- "Ah oui, c'est épée"

de qui?, il  lit

-" Le roi ar-cho" après explications, Arthur.

"Il est là le roi Arthu, za raison c'est lui".

Mère : il va falloir que tu fasses le découpage pour construire le château. Et puis... la maison des oiseaux..

- "l'épée, c'est ça".

Sa mère sort on entend au loin 

- " qui dit ça? punaise ? C'est M* "

et nous revenons aux mots croisés

Le passage à l'écrit

 "tabouret", on passe à "ta - pis" (j'explique tapisserie pour le s final)

dentifrice pas dans boite dans T B , il lit tubrosse.

Il n'a pas intégré le é de éponge, il a du mal à trouver le p, pour on montre an sur le tableau des lettres pour faire les sons. Je montre le g sur le tableau, le nomme. Il faut recommencer pour serviette. Bref rien n'est encore "acquis". Comme il le dit souvent :

"c'est pas gagné."

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 10:27
Base émotionnelle

Base émotionnelle

"Blesser" ou "Faire de la peine"

Yann, à la SAS, s'est fait renvoyer du cours de gym, il se serait moqué d'un(e ?) camarade. Les parents en ont été avertis et lui ont fait la "morale". Il s'est réfugié dans sa chambre, très fermé, j'allais dire "fâché" mais là encore, il est difficile de trouver les mots qui puissent rendre compte de ce qu'il éprouve dans un univers que nous ne partageons pas nécessairement (cf. l'exemple du monde du tigre selon Gardner).

Le problème n'est pas simple. S'il a bien compris qu'il avait fait une "bêtise", il n'y a que moi à utiliser ce terme bien sûr, faut-il encore qu'il comprenne pourquoi c'en est une de dire quelque chose comme "gros bidon" en s'esclaffant dans le contexte d'un groupe "scolaire". Car c'est bien sa forme d'humour, et c'est probablement ce qu'il a dit même s'ils se refuse à nous rapporter ses paroles.

Car il est impossible d'obtenir de lui ce qu'il a dit à cet élève. Quand on insiste il parle de la cantine où il aurait dit également quelque chose(?) à un éducateur.  Il semble avoir compris la leçon dans cette situation, probablement parce que c'est un "adulte" à ses yeux dans son mode de pensée qui fonctionne dans le registre des émotions enfantines, même s'il se revendique de plus en plus autonome et donc "grand".

Comment le faire grandir sur ce plan? Sa mère a vainement, en dernier recours, sur le pas de la porte, essayé de lui expliquer que dire certaines choses ne convenaient pas "cela peut "blesser" la personne".

 

Mais que peut bien signifier pour lui un telle expression "blesser" quelqu'un au sens figuré bien sûr ? Je l'ai tout de suite reformulée en "faire de la peine". Toujours ce décalage entre deux modes de pensée et d'expression évoqué dans l'article "Un certain langage". Échec relatif de la "guidance parentale". Relatif car les exemples cités dans le lien proposé ci-dessous sont ceux d'enfants dans une problématique bien différente. La mère de Yann lui explique beaucoup, avec un grand respect de lui en tant que personne, ce qu'il ne connait pas encore (nous avons souligné qu'il lui faut un étayage enactif à la base (cf. Bruner), dans le "faire" donc (ou des images l'évoquant) pour qu'on puisse en "parler") de ce qu'il "convient de" faire ou ne pas faire... Mais avec des mots qui ne sont pas ceux de l'enfant qu'il est et reste encore sur le plan de sa socialisation.

"guidance parentale"

Le monde du désir pulsionnel (cf.Tardis) et de la vie et de ses règles (maison)

Le monde du désir pulsionnel (cf.Tardis) et de la vie et de ses règles (maison)

Quel langage adopter ?

Et pourtant, informée du problème la veille, j'avais recherché quelles images utiliser (le mieux aurait été de faire un croquis sur mesure mais cela me dépasse maintenant...). J'ai cherché dans mes histoires en images d'où j'avais tiré le chien l'enfant et la baignoire, mais rien ne correspondait à la situation de se moquer... J'ai donc fini par avoir recours aux 3 livres fondamentaux de Catherine Dolto que je n'avais pas donnés à une collègue, les gardant pour lui, oppositions simples dans l'expression des émotions enfantines, "dire non", "les bêtises", et celui du jour "gentil méchant".

Je les ai feuilletés et il était très attentif, bien que je ne lise pas tout, je lui avais proposé de le faire lui et il avait dit "non" par son comportement, buté, opposant... Bien évidemment,  je recadrais un peu, m'intéressant à ce qui le concernait davantage compte tenu de son âge, 21 ans. Nous les avions déjà regardés à l'occasion de "bêtises", pour le problème avec les filles, la question du toucher, par exemple, qui nous avait fait évoquer la séance du scéno-test pour distinguer les deux mondes (cf. l'image ci-dessus du jeu réalisé il y a 3ans), celui du désir et les règles de la vie en commun quand il avait 18 ans. Cela n'avait pas suffi car il a fallu le reprendre à son arrivée à la SAS,

Est-ce pour se réconcilier avec moi quand je lui propose de travailler ensuite et qu'il refuse, buté, 'têtu' dit sa mère, il va me chercher dans la poche de son manteau un "cadeau" : au cours du stage qu'il vient de faire, il a emballé dans de petits sachets des socles avec encoche pour un document à ne pas oublier. Il en a eu 2, un qu'il a donné à sa mère et un pour moi donc. Je pense à Oumi puisqu'au niveau émotionnel je ne peux m'empêcher d'associer! Je le fécicite, le remercie...

Mais son opposition demeure, il refuse toutes les activités proposées. Déjà, en arrivant il avait bougé le tabouret pour mettre le sien et s'était mis sur le vélo refusant d'en bouger. Je m'étais fâchée. C'est au tour de sa mère excédée, un peu de morale, 'tu viens voir Jacqueline pour travailler, elle t'aide à grandir etc... On s'en va'. Effectivement elle se lève, va prendre le café avec M* et je fais de même. Il attendra dans le couloir, et c'est en partant qu'elle lui rappelle ce qui était à l'ordre du jour, "ne pas blesser les personnes" que je suis amenée à reformuler..

 

Yann a compris et en tiendra sûrement compte, sa mère me confirme que son père et elle se sont mis à 2 pour le lui rappeler avant le cours de gym suivant... Il n'y a pas eu de message du côté de la SAS. Faut-il essayer de répertorier toutes les situations où il risque de récidiver ou généralisera-t-il de lui-même...?
Nous ne fonctionnons pas ainsi. La séance suivante n'est pas programmée a priori. Il a un peu travaillé avec sa mère cette semaine. Nous allons donc en principe reprendre nos activités de "lecture". J'avais mis "La maison d’Émilie" dans notre circuit et il y a les cahiers et le livre que sa mère a trouvés. Et... comme il adore les mots croisés que sa mère a dénichés (il trouve par l'image et recopie le mot dans la grille) je cherche ceux que j'utilisais du temps de ma pratique pour qu'il puisse varier les supports... et, un jour, peut-être, "entrer" dans les définitions et les références culturelles de certaines (cf. sorcière pour balai). Introduction à l'humour en quelque sorte. Avant de démarrer notre séance, je lui ferai mettre sur le lit qui sert d'étagère, les supports de notre dernière séance en disant probablement "on a fini avec ça?"...
à suivre...

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 22:30
Nommer - identifier dans "son" contexte - raison de l'interdit
Nommer - identifier dans "son" contexte - raison de l'interdit
Nommer - identifier dans "son" contexte - raison de l'interdit

Nommer - identifier dans "son" contexte - raison de l'interdit

Au milieu du 1er trimestre de son intégration à la SAS, Yann (trisomique mais pas que..., 21 ans) s'annonce à l'interphone "avec j'suis maman", bouleversant l'ordre des mots de - j' suis avec - laborieusement construit.

Un des problèmes du jour concerne les "canettes". Yann a grossi. Sa mère lui donnait un euro pour qu'il puisse se prendre 2 consommations à la SAS mais il préfère une canette pour le même prix. De plus il est seul chez lui quand il rentre et "goûte" en arrivant. Sa mère m'en a parlé et je suis allée chercher sur internet de quoi illustrer l'objet, la situation, et sur ICS & OCS une "histoire" frappante pour poser le pourquoi de l'interdit dans l'implicite suggéré par l'image. Elle ne lui donne plus que 40 cts maintenant pour un café ou un potage.

Comme c'était prévisible, malgré ma demande, Yann ne regarde pas les feuilles illustrées posées sur la table, mais s'est déniché un ressort multicolore avec lequel il joue en attendant notre venue dans le bureau. Je le lui  enlève et lui demande ce qu'il voit sur la première feuille : " un jus,  un prince ". Et sur la 2e ?

Le travail commence. 

Sa mère lui a expliqué comme elle a pu la réduction d'argent, le danger pour lui de grossir, avec des mots, tout comme on utilise des mots pour expliquer dans les établissements où il passe, pour lui donner les règles de vie en commun ou lui demander son avis sur ce qui le concerne. Que peut-il en comprendre ?

 

Le travail de description d'images porte ses fruits, il n'a pas de mal à établir le lien du gros ventre du bonhomme, un peu guidé quand même, avec le discours de sa mère sur son propre poids.

Mais les autres images le renvoient à une élaboration plus complexe, comprend-il les mots qu'on lui adresse, pour avoir une incidence sur son comportement ? Rien n'est moins sûr.

Il faut que le problème se pose de facto pour que nous puissions aborder ce qui relève d'interdit par exemple, comme cela s'était passé pour sa relation aux filles.

Le contexte

Je détaille l'image pour qu'il identifie non seulement la canette mais les commandes en lui montrant le clavier sur mon téléphone. Il reconnait alors ce qu'il nomme "le code"(fin de l'article en lien). Je lui demande de dessiner le distributeur qui est à la SAS qui ne se présente sûrement pas ainsi. Il ne réagit pas, et sa mère lui re-expose la situation en précisant

'quand je te donnais 1 euro tu pouvais prendre une canette, mais c'était pour que tu prennes 2 boissons, un café et un potage'

J'enchaîne en dessinant 2 gobelets et lui demande d'écrire ce qu'il peut prendre à côté. Comme je dis soupe, sa mère précise potage et nous passons à l'écrit pour qu'il retrouve le mot par syllabes avec le nom des lettres, il lui faut de l'aide pour ge (il dit je mais ne nomme jamais g). Pour café, il met un K mais je laisse tomber la référence au tableau pour le choix de la lettre pour faire le son. Il faut avancer. Les mots ont été contextualisés, reste la valeur des pièces. Et bien sûr la mise en relation des deux pour s'assurer qu'il l'a bien comprise.

Pièces de monnaie et liens à établir  

L'identification de la valeur des pièces qu'il connait, en ce sens qu'il sait les manipuler, ne peut suffire. En effet, s'il sait lire les petits nombres, il reste utile de vérifier qu'il connait les équivalences quand on les additionne. Je vais chercher de la monnaie pour passer par la manipulation... Sa mère a sorti une pièce de 50 cts. Je dessine un cercleautour et écris après un gros point qui signifie 0, devant le 50. Il complète € fier de savoir l'écrire.  

Je sors ensuite des pièces de 20 cts que va-t-il en faire ?

Il en prend une et l'entoure 4 fois entre les mots écrits. Je me précipite pour dessiner 2 gobelets à côté d'eux. D'un système additif simple on aborde indirectement les fois car il a disposé les pièces de 20 cts en les alignant. A ma demande il rejoint leur figuration à leur valeur comme dans les exercices avec les lettres. 

Dernière étape : différenciation

Construire 1 euro avec 50 + 50 qu'il connait (nous nous sommes entraînés à ce genre d'opérations dans les jeux en comptant ses points en particulier dans celui de la maison de TV Neurones) pour donner un sens à cet euros qu'il a dessiné en lien avec la 1ère pièce jaune..

Nous figurons également la pièce de 2 Euros pour que la différenciation soit bien claire pour lui. Cela aurait mérité d'être repris mais il semble avoir compris et est tellement KO de tous ces efforts que nous n'irons pas plus loin...

J'étais trop occupée à essayer de faire des hypothèses sur sa compréhension pour pouvoir noter quoi que ce soit. Cette figuration des liens à établir s'appuie sur une façon d'apprendre qui ouvre la voie à celle de la compréhension d'un énoncé verbal.

Il y a eu celle de certains de ses jeux analysés dans les extraits de l'article suivant :

 

Avec le jeu de playmaths, Le carré, "Yann semble entrer dans un système additif qu'il verbalise à la façon du langage enfantin, en utilisant l'adverbe encore, ce qui semble indiquer que l'unité devient présente, individualisée, et ainsi manipulable. On sort du figement. Il se sert également de sa perception pour apprécier ceux qui sont à côté d'un qui est déjà écrit... et y va sans avoir à se repérer."
Pour celui des portraits
"Les outils de comparaison sont indispensables et passent par des mots "action" comme "encore" avant de devenir "plus" qui va de l'action/opération (additif) à la comparaison de deux éléments ou états dans "plus grand que" pour les nombres, qui signifie de fait, dans l'exercice, "plus vieux que" en se référant à la projection de leur âge ou de celui de leurs proches. Les manipulations et commentaires donnent sens aux erreurs commises dans une démarche où les essais seuls permettent de trouver la bonne réponse."

Trisomie et structuration mentale

et comme toujours, la référence à Bruner dans une approche cognitive.

L'étape figuration, restera indispensable "pour comprendre", pour lui comme pour beaucoup d'autres, niveau "iconique" proposé par Bruner, étape qui suit la manipulation renvoyant à un niveau "enactif" (dans le "faire"). Il en sera de même pour la capacité à produire un récit.

manipulation figuration compréhension du langage

Comme toujours également, il y a, de ma part, l'intention d'aider sa mère à guider ses apprentissages dans une démarche adaptée au fonctionnement si particulier de son fils qui ne peut fixer de nouveaux acquis dans une démarche pédagogique classique.

guidance parentale et étayage

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 08:59
Le support des modalités d'expression du jour

Le support des modalités d'expression du jour

Cette séance prend sens si on la considère comme une réponse à la précédente, où, après un inventaire de ses capacités d'expression verbale spontanées limitées, il avait été question de l'approche de la sexualité, avec l'image du bébé in utero comme prémisse à la relation corps à corps du "toucher". Sans explication car il faudra bien que son père soit son initiateur aux questions qu'il ne peut manquer de se poser sur son sexe.

Yann, 20 ans, m'apporte le bouquet des fleurs d'automne du jardin et lorsque je pars devant lui dans le couloir, pendant que sa mère attend le café rituel que lui sert Ma*, il s'arrête devant la porte fermée de la chambre de ce dernier et fait le geste d'ouvrir au moment où je le regarde. Je dis alors "il n'y est pas, tu ne peux pas entrer!"... Il me rejoint et va vers le divan chercher le Kangourou qu'il met sur sa main, prend aussi le hérisson pendant que je lui montre sous l'échelle le panier où sont les autres animaux et marionnettes que l'on fait parler. Il manipule à sa façon ses deux marionnettes debout puis s'assoit...

Sa mère s'installe sur son propre tabouret et il joue avec le kangourou et le hérisson, comme ils font tous (cf. récit et école maternelle), en les faisant se battre et si possible se dévorer. Sa mère et moi nous nous équipons également en choisissant dans ceux que j'ai posés sur la table et il remplace le hérisson par la souris/rat, tandis que je prends un gant crocodile à la gueule menaçante. Nous voilà embarqués dans des interactions duelles. J'interviens dans ses jeux de main (il en fera comme une danse un peu plus tard) en saluant le Kangourou "Bonjour Kangou" mais il reste dans ses agressions et ses danses. Je me tourne vers sa mère et nous entamons un dialogue basé sur

- les rituels de présentation, bonjour X* (le nom de l'interlocuteur)

- l'interrogation "est-ce que c'est permis?"

- la mise en mot de ce que chacun ressent, et le fameux "non" de la dernière fois.

Le modèle vise à substituer la parole à l'agression corporelle et à modérer l'ardeur des calins en précisant à qui en faire...

Le jeu se précise: de l'agression il amorce un jeu de "chat" avec un mot/bruit que sa mère comprend et me traduit.

Dans les poursuites, l'étayage se centre alors sur tenir compte de la spécificité de déplacement de chacun: le perroquet peut s'envoler quand le crocodile doit rester dans l'eau, la souris court très vite, la grenouille fait des bonds... qui pourra attrapper qui?

Yann se risque à chuchoter parfois le mot qu'il est censé répéter en "plongeant" sa tête, mais, très vite, il va renoncer à poursuivre ses efforts, se lever, se rendre sur le vélo d'appartement, attrapper la guitare. Il renoue ainsi avec nos lointaines séances et l'importance que la musique a pu avoir pour l'aider à trouver sa voix (voie?). Il prend ensuite le requin et le serpent dans le panier fourre tout sur l'étagère voisine, le fait pénétrer dans la gueule du requin jusqu'au fond...avec un regard interrogateur parfois, et je commente alors à sa mère la nécessité d'une intervention paternelle, puis il revient à la table avec le xylophone qui se trouvait avec les jouets musicaux sur l'étagère en dessous de celle du panier....

Il se met à en jouer, il adore les percussions. Sa mère propose alors que je lui montre les notes, cela fait comme les hiéroglyphes dit-elle, pensant aux listes qu'il écrivait sans cesse, de façon compulsive (les pokémons, les caractères chinois, après les premiers nombres). Je dessine une portée et pose les notes, en écrivant leur nom qu'il déchiffre (ils sont inscrits sur chaque rectangle de couleur/note), nous montons la gamme de do. Je redresse la feuille pour lui montrer que c'est comme une échelle qui monte...

Sa mère nous quitte et il va vers l'ordinateur dans l'autre pièce en chantant Frère Jacques. Je mets en route Vocalab, il a rapporté le xylophone et tape tout en chantant, en escamotant des syllabes bien sûr. Nous reprenons alors le travail de mise en place  qu'il réussit une fois mais perd quand il le répète. Déconditionner pour reconditionner... Il fait d'énormes efforts mais tout est à reprendre. Il se concetre beaucoup mais s'y épuise.

Il passe ensuite à une longue méloppée style rapp dont je ne peux en comprendre un seul mot, tout en tapant sur le xylophone...

Cela fait plus d'une heure, il est temps de partir.

DISCUSSION

Son comportement à la SAS s'est normalisé, le message de la dernière séance est passé. Il semble en redemander malgré la gêne que cela lui procure, le "plongeon" localisant le lieu d'un travail inconscient indispensable à son évolution psycho-affective.

Yann a introduit lui-même le thème de la séance et les modalités d'expression qui peuvent l'aider à "grandir". Il s'agit bien d'arriver à comprendre les interdits et d'introduire des comportements adaptés en particulier la médiation de la parole. Les mots remplacent les actes dans les interactions. Il accepte la représentation symbolique en utilisant des animaux qu'on "fait parler" en bougeant la bouche au lieu d'utiliser cette dernière pour agresser et dévorer. Il introduit un jeu de règles (jouer à "chat") pour justifier le "toucher" donnant ainsi tout son sens à la règle/cadre qu'on essaie de faire passer.

Il connait ses limites malgré son désir de progresser. Il se recentre sur lui-même avec le secours de la musique qu'il crée et du rythme. Conscient de ses difficultés de parole, il souhaite se perfectionner avec nos outils habituels qui passent par la visualisation...

Que privilégier? Nous rencontrons toujours ce même dilemne. Se centrer sur un travail "technique" pour améliorer parole et langage, certes, mais il y a, en marge, tout ce travail autour de l'insertion sociale tout aussi indispensable qui requiert sa propre maturation psycho-affective et bien sûr, cognitive.

Yann doit savoir ce qui importe le plus pour lui en me donnant toutes ces indications dans un registre non verbal et me guide ainsi sur les orientations à donner à notre travail... Un vrai dialogue où chacun étaie l'autre en quelque sorte!

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 21:03
Des premiers cactus au dernier réalisé sans aide (essais et erreurs): 10 ans ont passé
Des premiers cactus au dernier réalisé sans aide (essais et erreurs): 10 ans ont passé
Des premiers cactus au dernier réalisé sans aide (essais et erreurs): 10 ans ont passé

Des premiers cactus au dernier réalisé sans aide (essais et erreurs): 10 ans ont passé

Le support du puzzle du cactus a permis à Yann (enfant trisomique) de réaliser que le cactus était situé entre terre et ciel et que sa réalisation avec puis sans modèle permettait de trouver qu'il fallait suivre des sortes de chemins pour qu'il y ait une continuité des éléments à assembler. Une première image montre ses essais au cours de l'éveil au langage, entre 9 et 10 ans.

Ce jour-là, 10 ans plus tard, après m'avoir parlé du concert, Yann seul avec moi, va dans notre salle de travail et se saisit du Kangourou posé sur le divan. Premier travail prononcer correctement le mot .sans escamoter la 2e syllabe. Je tente une nouvelle approche en situant chaque syllabe sur l'animal du ventre =kan au cou =gou à la tête =roux (comme les cheveux). Il a, comme toujours, beaucoup de mal avec cette 3e syllabe, d'autant plus que le schème correspondant au raccourci de sa parole est inscrit depuis longtemps. Cou=gou l'aide un peu car il dit effectivement cou sans trop le sonoriser...en s'étayant sur les parties de l'animal comme support. J'associe alors sur un support de structuration spatiale qui s'était révélé très important pour son évolution au cours des premières années... le cactus.

Commentaire des photos qui ont jalonné sa réussite finale: après s'être lancé "intuitivement", tâtonnements manifestement dirigés.

- Ligne du sol, tige, embranchement, soleil dans le coin à gauche, monte sur un côté, nouvel embranchement

Premier commentaire: "attends, il est dur". Choix d'un élément :"çui-là" (prononcé Kui) pose un carreau avec un soupir.

Il recommence en bas directement avec l'embranchement double, met un 2e: Photo 1

- il monte ensuite une 1ère tige puis une 2e. Je m'absente quelques instants, il recommence tout, le kangourou près de lui. Il a placé un carré en haut, les nuages à droite, en descend un

- je lui montre un bout avec un oiseau: "ah oui" et il le met en haut.

"i manque 2" (en fait plus) "une bonne idée" (un bout sur le côté). Il est dans une impasse et fait d'autres essais. Je lui montre un à retourner: "mince alors". Il réussit jusqu'au bout en laissant juste un oiseau verticalement."Bon ça donner Jacqueline?" Après l'avoir félicité, je lui suggère l'échange, il en est ravi.

Nous passons alors à l'application de notre programme du jour privilégiant la différenciation d'éléments de base dans le champ sonore cette fois avec le "sonar" de TV Neurones sur l'ordinateur. Il a emmené le Kangourou avec lui. Nous reprenons les oppositions de base, avec le problème d'intégrer les éléments pour réaliser la consigne qui change. Il lui faudra plusieurs essais pour la réussir : court/long (3e fois), fort/faible (2e fois), aigü/grave (reformulés en haut/bas) (3e fois), court/long (2e fois), il hésite entre les 2 "ah oui je l'ai entendu çui-là".

Pour se "récompenser" de ses efforts, il se choisit "la carte au trésor" (un peu comme le cactus) mais prend "facile" alors qu'il en est au niveau "moyen".

Discussion

Yann s'autonomise de plus en plus. En l'absence de sa mère, il "adopte" une marionnette (étayage d'un objet transitionnel? Partenaire d'un dialogue intérieur?) et réussit. Son parcours, ses commentaires, témoignent de son mode d'apprentissage. Le travail spatial reste indispensable comme support de la séquentialité de la parole pour intégrer ce fameux 3e élément qui, dans sa dimension symbolique représente le tiers séparateur.

Le kangourou

Le kangourou

Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
Le troisième élément: l'apport du cactus
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  • : Le blog de J Zwobada Rosel
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  • : sos lire écrire, mais aussi communiquer, s'exprimer enfin quand on se sent enfin "exister" au regard de l'autre, à sa place, libérer sa créativité... Communauté d'appartenance qui n'existent plus: Langage Art-thérapie Neuro-psychologie (Pontt) Sur les sciences humaines Communauté des consciences etc...
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  • Jaz
  • Orthophoniste à l'ancienne mais à l'écoute...

- L'avatar correspond à des dessins d'enfants tels qu'ils me voient. Il y a 30 ans, un jeune malentendant de 9 ans me dessinait avec des taches de rousseur (non non ce ne sont pas des larmes!)
  • Orthophoniste à l'ancienne mais à l'écoute... - L'avatar correspond à des dessins d'enfants tels qu'ils me voient. Il y a 30 ans, un jeune malentendant de 9 ans me dessinait avec des taches de rousseur (non non ce ne sont pas des larmes!)

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