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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 11:12

 Lave.jpg     Le déclic?

Jimminy (10 ans) serait-il prêt à apprendre?

 

Il semblerait que oui, mais.... quelle fragilité! Quelle difficulté à grandir, question d'hyper sensibilité sûrement, enfant éponge, qui joue sûrement de cette fragilité par ses chantages pour se faire exister et reconnaître.

 

Il n'arrive pas à organiser sa vie comme en témoigne la scène plus que minimale du scéno-test passé il y a plus d'un an, SctJimminyci-contre:

Nous nous étions alors orientés vers la mobilisation de son imaginaire et à la rentrée nous avions essayé de préparer la passation d'un "bilan" traditionnel qui n'aurait pas eu de sens jusqu'alors, situation qu'il avait toujours "refusée" jusqu'alors.

Nous lui avons ainsi, après la reprise en octobre, proposé des "jeux" qui le préparaient aux consignes des différents types d'épreuves passées en fin de premier trimestre ... Que va-t-il se passer ensuite.

 

Est-ce un nouveau tournant qui s'amorce? ou... 

Il revient des vacances de Noël et m'annonce qu'il a eu un jeu de construction comme cadeau. Il est enthousiaste et semble s'être passionné pour cette activité. Nous l'avions préparé (voir Imaginaire et réalité) pour amorcer une différenciation de ces deux univers qui n'avait rien d'évident...

... un "Feu de paille" dans la discontinuité de sa vie?

 Radeau1Radeau3     Radeau2   Ce moment positif aura-t-il le même sort que ce "radeau" bricolé par un autre enfant un peu plus âgé qui, "se construisant" par ses constructions mêmes, a suggéré ce titre? La rencontre d'une cascade,  l'a  bien sûr désarticulé


Où il est question de cadre

Sa mère, à nouveau très prise par son travail, n'ayant toujours pas régularisé les papiers, apporté la carte vitale etc, depuis près de 6 mois, je décide d'arrêter, 3 mois après ce bilan, jusqu'à ce que nous soyons en règle.

Ses résultats scolaires sont en baisse. Que va-t-il se passer?

 

Il revient quand même une fois où je ne l'attendais pas, envoyé par sa nourrice qui n'était pas informée de cet arrêt provisoire et je n'ai pas le coeur de le renvoyer. Mais je pose de nouvelles règles, pour un nouveau cadre:

travailler et plus de vélo d'appartement où il aime se tester, gros ballon, divan et autres lieux de détente par la décharge qu'ils favorisent, lieu où il se "lâche" en me racontant sonW-E, la classe, posant des questions, prélude à une brève activité orthophonique proprement dite. 

Il m'a jeté un regard très étonné à l'énoncé de ces nouvelles règles et s'est assis à la place indiquée. Nous sommes arrivés ainsi à "travailler" autour de fiches de lecture avec, s'il reste concentré, la récompense d'aller sur l'ordinateur où il trouve ce qui peut lui être utile sur le plan cognitif dans les nombreux jeux proposés.

Ce n'est pas simple car je lui sélectionne des textes à trous qui lui posent problème, après les mises en ordre de phrases d'un niveau de CE1, il renacle mais se rattrape sur les exercices qui, malgré leur simplicité, nous permettent de remettre en place des stratégies de recherche dans le texte de base, et ce qu'il a encore plus de mal à faire, de segmentation d'une longue phrase en continu sans ponctuation. C'est dire que, s'il s'en sort à l'école dans des "exercices calibrés", "ritualisés", il n'a encore que peu d'autonomie dans ce que j'appelle la lecture et plus encore l'écriture.

Sa mère réussit, plus d'un mois après cette reprise anticipée par rapport à notre contrat, à régulariser son dossier, me connecte au responsable de sa mutuelle, qui accepte ce retard de plus de 6 mois! Il arrive que l'administration se montre compréhensive!

Tout semble se remettre en place pour repartir après les dernière vacances, de Pâques cette fois, mais... Nouveau clash, absences non prévenues, quasi refus de lire une fiche  après notre travail sur la compréhension d'un petit texte, lorsque nous abordons la lecture courante pour en maîtriser l'intonation... Il ne vient plus et je n'arrive pas à communiquer avec la mère.

 

En fait il a complètement disjoncté, à la maison, à l'école. En effet, il n'a pas vu le psy de toute l'année, je l'avais pourtant réclamé et lui avais même adressé le bilan que j'avais réalisé à la suite du renouvellement de la prise en charge.

Bilan décalé car Jimminy le refusait et nous avions du le préparer par un entraînement aux types d'exercices des épreuves du test afin qu'il ne soit pas en difficulté sur le plan de la consigne.

Ses résultats étaient malgré tout là, confirmant le bien-fondé de nos pistes de "travail" quand l'enfant était mentalement disponible.

 

L'année a donc été plus que cahotante et cependant le dernier bulletin a confirmé les progrès et le passage en CM2. Un déclic s'est-il produit? Sa mère m'a informée qu'elle se proposait de lui faire faire une évaluation dans le privé pour qu'on soit au clair sur ses potentialités. Troubles de l'attention, de la concentration avec quelques séquelles de difficultés d'entrée dans l'écrit qui, elles, sont bien de mon ressort et vont, en principe, se voir confirmées.

 

Aucune nouvelle plus d'un mois après la rentrée. A suivre peut-être?

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 11:00

 

Berlin (256) copieUne porte s'ouvrirait-elle?

Le cadeau du jour!

 

        Jimminy (10 ans) revient de vacances. Il trouve porte close (j'ai oublié d'ouvrir le verrou après l'interphone, immergée dans le Stabat Mater d'Alain Guillouzo, dernier concert de Fond'Artuel) et, quand je l'ouvre, il s'essaie en vain à entrer comme s'il était arrêté par "un mur de verre" qu'il tente de pousser de ses paumes ouvertes.

Il est totalement là dans ce geste, ses yeux, sa bouche s'adressent vraiment à moi, et je m'enthousiasme de ce geste qu'il répète, insistant, le félicitant de cette "invention", souriante, l'encourageant de ma voix à entrer, aller s'installer...

 

Il me demande alors si c'est Beethoven qu'on entend. Je dis non, mais c'est un peu pareil, et du coup, je vais laisser le CD en arrière fond pour notre travail, en allant toutefois baisser le son...

 

Le ton de cette nouvelle rencontre est donné:

- il choisit d'entrer

Petit retour pour situer le contexte des séances précédentes:

- celle de sa révolte et sa grande crise lorsqu'il refusait d'entrer, voulant jouer dehors avec des copains, hurlant, menaçant de tout casser, lançant des projectiles vers la fenêtre, la queue du serpent y était restée et j'avais tenté de donner du sens à ce comportement en plaçant le bébé sur le plateau du scéno-test, et quand il a marmonné maman, puis plus tard au milieu de ses pleurs, un personnage pour les figurer, il n'y a pas si longtemps,

- le jeu avec les poupées vaudou (il désignait ainsi celles du scéno-test) qu'il avait réclamées la séance suivante,

- l'agression qu'il avait subie à l'école et la discussion que nous avions eue à ce sujet avec sa mère, ustifiant le fait que la maîtresse n'avait pas donné suite à sa plainte, par le fait que pleurant comme un bébé, lui qui veut être "grand", elle n'avait pas à le materner,,juste avant les vacances...,

- et l'allusion à Beethoven de ce jour-là me fait déjà associer, compte tenu de ce que je connais de ses intérêts culturels et de ses choix sur internet, sur "Orange Mécanique".

 

J'abandonne mes projets "orthophoniques" et le laisse donc mener le jeu jusqu'à ce qu'on parle "vraiment"...

 

Un cadre qui situe le temps: ici et maintenant dans un espace transitionnel

 

Il commence par me dire en allant sur le tapis

il s'agit de l'ancien un peu déchiré que j'avais quand même remis en place après une tentative de changement et qu'il avait retrouvé avec une intense satisfaction

face au calendrier en feutrine

qui n'est plus mis à jour car il sait, et n'en a plus besoin pour apprendre les listes (mois, jours),

en s'installant sur le ballon à une certaine distance, celle qui autorise la parole adressée à l'autre, et non plus celle de ses premiers jeux symboliques d'agression d'avant...

de ces jeux de dévoration d'animaux, la manipulation du serpent flexible dont il a cassé la queue le jour de sa "crise" est vraiment à l'honneur, il le prend très souvent en parlant ou en lisant...

 

Il m'annonce donc "on est le 2 mai", et se reprend après un bref instant, "non, c'est ce que j'ai écrit à l'école, c'était au tableau". Il est donc capable de raisonner, d'entendre peut-être même, si je me décide à intervenir.

 

Culture et inconscient collectif: le jeu des pulsions

 

Il commence à raconter ses vacances, ou du moins ce qu'il a fait avec son père: il lui a demandé de l'amener à l'exposition de Kubrick... Je laisse venir... Et après m'avoir expliqué que c'est un scénario qu’il a repris à son compte, nous arrivons au cœur de son questionnement:

- pourquoi ne doit-il pas voir Orange Mécanique?

Il argumente: il en a vu des extraits bien sûr, et des grands lui ont raconté, expliqué que c'est violent (c'est son mot favori pour situer ce qu'il a le droit de voir ou ne pas voir), et ils ont même dit quelque chose qu'il ne comprend pas:

 

"pourquoi c'est péché Beethoven?"

 

Comment m'y prendre pour l'amener à comprendre l'implicite de cette question?

- la culpabilité mais de qui?  

Il y a ce secret de famille qui, après l’avoir été pour sa mère, n’en est un que pour lui. Je ne peux oublier non plus que, à notre première rencontre son père m'a dit, lui avoir dit qu'il n'était pas de lui, ce qui l'aurait calmé!

De quel type de violence s'agit-il ? Celle-ci n'est pas de mon ressort, sauf à insister une fois de plus pour qu’il reprenne avec le pédo-psy...

- associer musique et violence, mais par quel biais les relier?

 "Orange mécanique" n'a pas été évoqué d'emblée. Nous avions donc parlé de cette expo, de certains films de Spielberg, de l'intelligence artificielle à un projet sur Napoléon qui serait devenu Orange mécanique. Je l'interroge alors pour savoir s'il l'a vu sur le net. Il associe sur le fait que son père aussi a vu des sketchs avec lui et que à propos d'eux et de "la cage aux folles", il n'avait pas compris et demandé : "y a quoi à comprendre",  Son père avait répondu par une violente interdiction, précisant qu'il ne pouvait comprendre, mais qu’il pouvait voir Harry Lindon, Les sentiers de la Gloire… également disponibles dans sa médiathèque. 

  Jimminy me dit alors qu'il n'a pas bien compris ce dernier film et essaie de le justifier en parlant d'un très vieux film, sur la guerre... mais pas trop violent... 

Je réponds alors sans développer:

- il n'y a pas que des images, 

- il n'y a pas que des idées... 

et nous sommes arrivés  à "orange mécanique".

 

Une discussion s'engage, j'explique comme je peux:

Si on réfère la violence à des images, elles n’ont pas le même rapport à la réalité que ce qu’on vit soi-même. Elles ont des origines différentes et des effets différents quand on les « voit » :

 

-      Des images nous rapportent du  « réel », ce qui est filmé dans un reportage, leur violence. On peut choisir de les regarder ou non, s’y attendre. OK

-      Des images de films qui rapportent des histoires  comme si c’était vrai, donc restent vraisemblables, sans utiliser ce mot d’ailleurs OK

-      Les images de films où tout est inventé dans un monde imaginaire, comme de science fiction OK

 

pour introduire la violence jouée, ressentie par rapport à ce que nous montre quelqu’un d’autre, qui rejoint celle que nous éprouvons au plus profond de nous-mêmes dans notre propre vie,

 

 Je me recule encore un peu et décide de me jeter à l'eau pour tenter de donner un sens à ce qu'il ressent sans pouvoir l'analyser pour le comprendre, du fait de son système de références personnelles, où, pour lui comme pour beaucoup d'autres enfants, c'est "l'âge" (il a presque 10 ans) qui signe l'interdit (jeux, cassettes, films...) comme l'intérêt (de même pour les livres où c'est indiqué également). Là, dans le cas de ce film, Orange mécanique, l'interdit semble venir de beaucoup plus loin encore.

 

Jimminy a vraiment besoin de comprendre au-delà de ces explications et je me décide, je vais lui proposer l'éclairage de mon hypothèse de travail inspirée du modèle psychanalytique du fonctionnement psychique (voir une figuration dans Psy et SNC 2003).

 

De l'acte à la pulsion

 

Je suis partie de nos expériences récentes autour de la violence, nous car j'avais tenté de l'accompagner de différentes façons.

  • la sienne, qu'il a essayé de projeter à l'extérieur à l'occasion de sa "crise", qui est là, bouillonnant en lui même, même s'il a l'air calme, posé, plutôt hypotonique
  • celle qu'il avait subie de la part de ses "pairs" à l'école
  • comme en écho à celle dont sa mère avait été victime, quelques mois plus tôt, témoin impuissant depuis la fenêtre où il guettait son retour tardif, après le travail...

Ce qui nous a amenés à évoquer non seulement ce qu'il avait ressenti mais à rechercher, dans une discussion, ce qui avait pu motiver ces agressions de ces camarades, en lien avec, peut-être son propre comportement, comme celle de ce jeune d'une cité voisine, l'agresseur de sa mère, en lien avec les difficultés à vivre de notre époque etc...

... mais j'ai précisé que, dans l'ici et maintenant, ce n'est pas nouveau, cette violence appartient à "l'humain", il y a en nous tous quelque chose qu'on ne peut pas toujours contrôler... qui nous échappe en quelque sorte, mais qui est aussi ce qui fait notre force en nous "poussant" à agir.

 

Nous abordons alors, toujours dans l’échange, lui sur le ballon, moi dans mon fauteuil, la question de ce qui se passe pour contrôler ou quand on "disjoncte".

 

Je lui propose l’image de la cocotte minute qui contient la pression mais qui explose si on force en cherchant à l’ouvrir sans avoir attendu que la vapeur s'échappe progressivement jusqu'à une équilibre intérieur/extérieur, et/ou si le joint lâche…

 

Education et transmission

Si les parents nous apprennent la vie, ce qui est bien et mal ne le sera pas toujours selon les mêmes règles, et les jeunes, en particulier, ont souvent du mal avec ce qui pourrait les guider par rapport à un monde qui évolue.

 

Retour à son expérience

Je reviens sur ses camarades, évoquant la loi du plus fort, d’une part, et je le mets en lien avec ce qui échappe à notre contrôle, sans comprendre les règles du jeu, avec le fait d'avoir conscience de nos actes d’autre part. J'essaie de l'expliquer:

 

Par chance, entre la violence qu’on ressent et ces actes qui la manifestent, il y a comme un filtre, qui laisse passer la force pour faire quelque chose (ce qui est motivation donc) et retient ce qui pourrait faire mal, faire souffrir l’autre ou nous-mêmes.

 

C’est comme si lui n’avait pas encore ce filtre, ou qu’il ne marchait pas bien.

 

Quel rapport avec la musique ? 

 

Nous revenons à la musique, il chante pom pom pom, premières mesures de cette fameuse symphonie. Il aime la musique, il aime cette musique (il m'en nomme d'autres). Il ne peut l'expliquer mais le plaisir est bien là, mais Jimminy ne voit toujours pas pourquoi ces "grands" ont dit "péché".

 

 

Comment situer la transgression?

 

 

J'ai tenté de lui faire comprendre, en d'autres mots, mon interprétation de sa question à la base de cette séance:

En quoi l'association violence des images et émotion musicale représenterait-elle un péché? Ne serait-ce pas dans le couple plaisir pour soi/souffrance de l'autre, l'association de donner la mort et l'impression de majesté que procure cette musique, comme pour effacer l'horreur qu'on devrait ressentir à la vue des images ? Convoquer la beauté en l'inversant en quelque sorte?

 

Il est parti ensuite en me demandant de qui était la musique du début, si c'était Mozart... Quel a pu être l'impact de ces explications?

 

 

 

Discussion

 

Pourquoi, dès que j'ai voulu rendre compte de cette séance, ai-je associé le mot péché, que cette association musique/images de violence pourrait représenter, au blasphème? Peut-on raccorder cette association à quelque chose de particulier à la prise en charge thérapeutique de cet enfant, à son évolution? Quelle incidence cette séance a-t-elle pu avoir sur cette évolution, autrement dit que s'est-il passé aux séances suivantes?

 

Jusqu'où va se nicher le plaisir esthétique? Il faut peut-être distinguer esthétique et esthétisme ce qui ramène à la question de l'art pour l'Art, déconnecté de la réalité et de la morale dans l'Histoire et dans cette histoire-ci. Ce débat peut-être ouvert sur un plan philosophique (les références ne manquent pas), tout antant que d'opinions personnelles. Il n'est donc cité dans cet article que pour éclairer d'un autre point de vue les questions posées dans la discussion avec l'enfant.

J'aurais aimé également situer le péché dans son contexte religieux, mais il n'était plus temps... et son attention n'aurait peut-être plus été aussi soutenue...

 

Il n'y a bien sûr toujours pas de rendez-vous avec le psy pour Jimminy...

Tout se passe comme si, lui ayant donné mon point de vue sur ce qui le tracassait, nous pouvions passer à autre chose: le travail par exemple, la séance qui ne suit pas le W-E, car il a trop besoin d'en parler chaque lundi.

 

Il semblerait que la porte se soit effectivement ouverte.

 

  • J'ai répondu dans un premier temps en lui demandant de lire "Henri et son chien" pour "parler" indirectement de la relation père/fils, du désir du fils contrarié par la différence du père (allergie), du mode de traitement de la situation dans le déroulement de l'histoire:
    • - du mensonge, (univers convoqués: fiction, plus ou moins vraisemblable)
    • - à l'intervention d'un tiers dans le réel-
    • - de la façon dont l'enfant avait compris, par l'expérience qu'il venait de vivre, ce qui avait manqué à son père et de la solution qu'il avait trouvé...
  • en analysant ce qui, dans le livre, concernait la sémiologie de l'image pour nous le faire comprendre, les marques de dialogue dans le texte etc... vrai travail d'orthophoniste qui n'avait pu se réaliser jusque là.
  •   Je lui ai donné des fiches sur les adjectifs et pronoms possessifs où il s'agissait de compléter une bulle correspondant à des personnages sur une image et sa mère étant présente, miracle, il a bien voulu essayer de tourner ses o dans le bon sens. Il s'est appliqué, s'est entraîné à relier cacao comme je le demandais et non selon le modèle de la maîtresse etc...
  • Hélas, la éance suivante, la maitresse lui avait dit que c'était une écriture de "maternelle"! Il a tenu bon mais l'oublie dès qu'il est en difficulté. Je reprends alors les outils linguistiques élémentaires de la comparaison, toujours avec des images à interpréter. Il a progressé, il y arrive beaucoup mieux qu'il y a 2 mois sur une fiche équivalente. Il découvre en partant le livre sur les gros mots...

  Il a tenu à me parler de son intérêt récent pour la lecture, où il veut suivre les traces de son grand frère en se passionnant pour l'héroïne d'une série qui entend des voix, celle des morts qui viennent la visiter!!! J'émets quelques réserves sur ce choix...

  • Sa mère est présente la séance suivante et malgré ma réticence à nous lancer dans l'évocation du Week-end, le livre des gros mots l'attend sur la table, il tient à me dire depuis le ballon qu'il est allé au cinéma voir "Thor" avec un copain. Et, du coup, nous en parlons. J'en suis très heureuse, c'est un imaginaire de jeune ado, enfin! même si ce ne sont pas des livres d'aventure comme dans le club des 5 mais de grandes sagas...
    • Nous reviendrons certainement dans d'autres séances sur le mélange de l'imaginaire et du réel du fait de l'immersion d'un super héros des temps passés dans le présent.
  • Le thème du jour concerne les gros mots. Après les précautions d'usage sur le fait de les prononcer, il en peuple les petits nuages qui les figurent après avoir analysé l'image qui présente la situation, ce qui ne lui est pas encore très facile... Un vrai travail d'orthophonie enfin...

 

 

Nous sommes bien entrés dans une phase où l'enfant va pouvoir structurer ce qui n'était jusque là que mosaïque...   du moins je l'espère

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 19:32

Bouquet

Bouquet d'automne

Quelle feuille choisir?


Un rayon de soleil perce à travers la grisaille. Le temps s'est gâté, les feuilles tombent et m'offrent, au moment de rentrer chez moi, une jonchée de couleurs répandue sous l'arbre dont je déteste les fleurs. C'est le meilleur moment de l'automne. Je ne résiste pas, brave l'interdit de monter sur l'herbe et récolte ma moisson. J'imagine en montant ce que je vais proposer à mes patients: choisir celle qu'ils préfèrent et justifier leur choix!

 

Je sais d'avance que  cela risque d'être difficile et m'attends à les aider en recherchant ce qui  caractérise ces feuilles   , sur la base de leur différenciation.

Couleur, forme, dimension sont donc au rendez-vous, mais il y a, par chance deux feuilles qui présentent une anomalie de forme, l'une symétrique, comme un huit du fait d'un rétrécissement, elle est étrange et peut séduire, c'est ce qui se passera pour Jimminy (CE2).

L'autre a probablement été dévorée en partie (en premier plan) et cette hypothèse rencontrée alors qu'il vérifie "la plus petite", le fait disjoncter, il devient totalement absent, perdu dans ses pensées.


Et pourtant... il avait bien commencé... 'Pourquoi as-tu choisi celle-là?' "Parce qu'elle ressemble à une flamme". 'Et quoi encore?' "Elle est jaune et verte, et grosse, et elle a un petit bouton" Il retrouve tous les critères de classification que nous avions travaillés avec les éléments en bois de forme couleur, dimension (taille et hauteur) et les classe ainsi en tas, voire en sériation etc. Il nous (sa mère et moi) montre alors une aspérité à la jonction de la tige. Nous émettons des hypothèses, d'où cela peut-il venir? Un départ de croissance? "Elle ressemble à un huit". "Elle a des petits (crans? pointes?)..." et nous vérifions si les bords ne sont pas lisses d'un côté comme pour d'autres qu'un animal acommencé à dévorer. Nous sommes plongés dans une grande discussion lorsque je lui demande:

'Et celle que tu aimes le moins', silence, 'pas du tout?' "elle", 'pourquoi?' "parce qu'elle a des taches de partout, des trous..." Il semble partir ailleurs. Je le relance en questionnant 'et celle-là?' "Elle est trop douce...". J'ai vraiment tout fait, sans en être tout à fait consciente, pour déclencher une rêverie!

 

Pour le ramener à l'ici et maintenant, je fais une remarque sur ses dons d'observation et lui propose de les appliquer à un dossier que j'ai photocopié pour travailler le temps à partir de l'expérience d'un enfant avant de passer à la frise du temps etc.... Après avoir lu (non sans peine pour la reformuler) la première consigne, il commence à décrire les images qui présentent différents moments de la vie d'un écolier. Une fois la fiche amorcée il la finira avec sa mère le Week-end qui le renverra également à la recherche d'indices dans les scènes évoquées.

 

Max (6e) ne peut pas utiliser le stabilo pour comprendre les textes (méthodes de travail) car les documents sont sur des livres. Il s'est rappelé difficilement avoir travaillé avec TV neurones sur les "tiroirs" "il y avait un thème... des mots qui descendaient à ranger". Il est ainsi pré-paré à un travail plus cognitif qu'à mettre en route l'imaginaire qui ouvre à l'expression d'un ressenti...


 Je lui propose le bouquet. Quelle est ta préférée? Il en choisit une au hasard (s'en débarasser?). Il regarde encore et change d'avis (commence à observer?) "Y en a, i sont pareilles, enfin presque". "Oh! il y en a une, elle est abimée."

Laquelle préfères-tu? "Celle-là parce qu'elle a presque tout le temps la même couleur".

 

Si tu inventais l'histoire de sa couleur (je pense l'amener à me parler du cycle de l'arbre), il va alors en découvrir encore une autre "celle-là, multicolore". "Elle a été croisée avec plusieurs saisons".

 

Je n'insiste pas et retourne à notre travail sur la lecture, et à l'approche des mots, par l'histoire de la révolte des mots dans "La grammaire est une chanson douce" d'Orsenna. Ce sera l'objet d'un autre article. Nous reprenons TV neurone dans un jeu de catégorisation avec un effet stroop pour les couleurs...

 

Quelle va être l'approche de Laure (CM1) lorsque, après le W-E, je lui propose un autre bouquet?

Elle en choisit une. Pourquoi ce choix? "Elle a de belles couleurs. Elle est belle". Celle que tu aimes le moins? "Elle n'a pas de couleurs, elle est moche".

Je lui demande alors, comme j'avais fait avec Jimminy, de les classer. Ne voulant pas induire une catégorisation, je l'explicite ainsi: "Comment les mettre ensemble par rapport à quelque chose?"

 

Elle les série d'elle-même dans le registre de la couleur en partant du rouge, en les décrivant, "là ça commence à être jaune, là un peu vert".

Elle propose également "du plus grand au plus petit" et inversement "pour les taches". Celle qui n'est pas classée dans la suite est la préférée. Quels critères a-t-elle pris en compte? "la couleur" "les taches" "la grosseur des taches".

 

Je reprends ensuite avec elle les mots qu'elle doit apprendre chaque jour (5) pour l'école et a déjà récité. Je lui en fais écrire certains des listes précédentes, elle s'en tient toujours aux références phonologiques qui avaient été si difficiles à monter et je n'arrive pas encore à la faire entrer dans le registre du sens. Graphies complexes, évocation de familles de mots sont toujours un gros problème...

 

 

Comment ces trois enfants ont-ils réagi à une même tâche de choix? Quelle a été la place de l'ouverture à l'imaginaire? Le support n'a manifestement pas fait rêver tout le monde! Ils ont répondu en mettant en avant leur capacité à s'adapter à une consigne inhabituelle.

C'est en fait le support du "travail" demandé qui représente un travail dans l'imaginaire car il sort du champ des supports associés au "travail" et ouvre à une expérience reproductible pour eux dans d'autres circonstances.


Observer, mettre en mot des critères de différenciation, d'un ressenti par un jugement esthétique (Laure) ou en évoquant une autre forme (qui semble fasciner Jimminy). Max s'en tient à trouver une raison "scientifique" à la variation....

Dans la manipulation des feuilles du bouquet, chacun rend compte  de son mode d'entrée dans le "cognitif", de l'analogie à la catégorisation, sans oublier la sériation.

 

 



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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 13:54
  

L’histoire de chacun est particulière.

Cette spécificité ouvre aux récits, récits de vie, aux  autobiographies, dans une grande variété de genres discursifs comme dans l'article "Histoire en quête d'auteurs"  link , mais aussi à l’histoire de notre famille, à son inscription dans le temps et le lieu de nos racines. Remonter dans le temps, retrouver nos origines est une quête qui nous fascine comme le prouve la création de nombreux sites de généalogie. Une communauté sur le portail d'over-blog link   concerne Les généalogies familiales.


Le dessin initial de cet article est le dessin de la famille d’un enfant maghrébin de 6 ans passés, en CP, qui ne voulait pas grandir. L'analyse des difficultés  des deux frères qui y figurent, a fait l'objet d'un article sur la "validation d'un mode d'évaluation" link sur le site SOS (Interculturel).


M'hed a dessiné chacun à sa place avec un attribut qui le spécifie comme le foulard pour la mère, en haut, à gauche et pour la soeur aînée en bas au milieu. Entre elles deux, la table, leur lieu d'activité. Il se représente juste derrière cette grande soeur, son grand frère au dessus, entre sa mère et son père qui est allongé sur le divan, à droite, et regarde la télé. Son autre grande soeur, dyslexique, qui ne porte jamais le foulard mais fait de la boxe, n'est pas représentée dans l'espace familial: elle est au collège dit-il.

Ils ont tous eu des difficultés avec le langage: bilinguisme, bi-culturalisme?, mais aussi dysfonctionnement des apprentissages (en langue mais aussi en maths).

L'aînée était dysorthographique, et a été scolarisée en SEGPA; le grand frère semblait être dysphasique et présentait en tout état de cause une forte inhibition intellectuelle...

Quand à lui, M'hed, il parlait mal, certes mais il a fallu tout un travail pour qu'il accepte de grandir, travail avec la mère également, jusqu'à ce qu'il dessine, en CE1, de lui-même les étapes de sa naissance... et se sépare enfin physiquement  de sa mère pour permettre l'élaboration psychique qui conduit à l'autonomisation...


Les sources du dessin libérateur

 Sa mère n'en peut plus de cette proximité qu'il lui impose prologeant sa propre attitude à son égard, elle voudrait avoir un peu de liberté, et nous regardons ensemble sans qu'elle participe verbalement (pudeur et tradition obligent) un livre sur le bébé, expliqué, commenté. Il se met alors à dessiner: 


un ventre avec un foetus.


Il dessine ensuite sur une autre feuille sa mère,

place un bébé et différents éléments, l'entoure pour en faire un cadre, puis le garçon enfin sorti, debout sur le sol, hors du cadre où figure la mère, 

une infirmière en arrière plan situant le lieu "à l'hopital".


Problèmes d'expression orale, mais comme on peut le voir de sa main, aussi dans l'expression écrite. En CE1, s'il a bien la notion de mot, il n'a pas encore interiorisé le lexique.


Dessin de la famille, car dans le cadre d’une consultation d’une famille avec un jeune enfant en difficulté avec le langage, il est rare que ce dernier ne réalise pas un dessin de sa famille, souvent dès la première rencontre. Il arrive que certains membres n’y sont pas représentés, lui parfois, ou un des membres comme dans l'exemple. L’enfant figure ainsi un réseau de relations entre ceux qui la composent mais parfois, comme dans le dessin qui figure ci-dessus, la façon de chacun de se situer dans son rapport au monde et à sa culture, dans l'ici et maintenant de sa situation.


Nous avons toujours une étape de notre travail où nous reconstituons le schéma des générations pour aider l'enfant en difficulté à s’y situer dans le temps, à sa place d’enfant, issu de…

  
 

Qui sommes-nous passe bien alors par d’où venons-nous ?


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Présentation

  • : Le blog de J Zwobada Rosel
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  • : sos lire écrire, mais aussi communiquer, s'exprimer enfin quand on se sent enfin "exister" au regard de l'autre, à sa place, libérer sa créativité... Communauté d'appartenance qui n'existent plus: Langage Art-thérapie Neuro-psychologie (Pontt) Sur les sciences humaines Communauté des consciences etc...
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  • Jaz
  • Orthophoniste à l'ancienne mais à l'écoute...

- L'avatar correspond à des dessins d'enfants tels qu'ils me voient. Il y a 30 ans, un jeune malentendant de 9 ans me dessinait avec des taches de rousseur (non non ce ne sont pas des larmes!)
  • Orthophoniste à l'ancienne mais à l'écoute... - L'avatar correspond à des dessins d'enfants tels qu'ils me voient. Il y a 30 ans, un jeune malentendant de 9 ans me dessinait avec des taches de rousseur (non non ce ne sont pas des larmes!)

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