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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 10:27
Base émotionnelle

Base émotionnelle

"Blesser" ou "Faire de la peine"

Yann, à la SAS, s'est fait renvoyer du cours de gym, il se serait moqué d'un(e ?) camarade. Les parents en ont été avertis et lui ont fait la "morale". Il s'est réfugié dans sa chambre, très fermé, j'allais dire "fâché" mais là encore, il est difficile de trouver les mots qui puissent rendre compte de ce qu'il éprouve dans un univers que nous ne partageons pas nécessairement (cf. l'exemple du monde du tigre selon Gardner).

Le problème n'est pas simple. S'il a bien compris qu'il avait fait une "bêtise", il n'y a que moi à utiliser ce terme bien sûr, faut-il encore qu'il comprenne pourquoi c'en est une de dire quelque chose comme "gros bidon" en s'esclaffant dans le contexte d'un groupe "scolaire". Car c'est bien sa forme d'humour, et c'est probablement ce qu'il a dit même s'ils se refuse à nous rapporter ses paroles.

Car il est impossible d'obtenir de lui ce qu'il a dit à cet élève. Quand on insiste il parle de la cantine où il aurait dit également quelque chose(?) à un éducateur.  Il semble avoir compris la leçon dans cette situation, probablement parce que c'est un "adulte" à ses yeux dans son mode de pensée qui fonctionne dans le registre des émotions enfantines, même s'il se revendique de plus en plus autonome et donc "grand".

Comment le faire grandir sur ce plan? Sa mère a vainement, en dernier recours, sur le pas de la porte, essayé de lui expliquer que dire certaines choses ne convenaient pas "cela peut "blesser" la personne".

 

Mais que peut bien signifier pour lui un telle expression "blesser" quelqu'un au sens figuré bien sûr ? Je l'ai tout de suite reformulée en "faire de la peine". Toujours ce décalage entre deux modes de pensée et d'expression évoqué dans l'article "Un certain langage". Échec relatif de la "guidance parentale". Relatif car les exemples cités dans le lien proposé ci-dessous sont ceux d'enfants dans une problématique bien différente. La mère de Yann lui explique beaucoup, avec un grand respect de lui en tant que personne, ce qu'il ne connait pas encore (nous avons souligné qu'il lui faut un étayage enactif à la base (cf. Bruner), dans le "faire" donc (ou des images l'évoquant) pour qu'on puisse en "parler") de ce qu'il "convient de" faire ou ne pas faire... Mais avec des mots qui ne sont pas ceux de l'enfant qu'il est et reste encore sur le plan de sa socialisation.

"guidance parentale"

Le monde du désir pulsionnel (cf.Tardis) et de la vie et de ses règles (maison)

Le monde du désir pulsionnel (cf.Tardis) et de la vie et de ses règles (maison)

Quel langage adopter ?

Et pourtant, informée du problème la veille, j'avais recherché quelles images utiliser (le mieux aurait été de faire un croquis sur mesure mais cela me dépasse maintenant...). J'ai cherché dans mes histoires en images d'où j'avais tiré le chien l'enfant et la baignoire, mais rien ne correspondait à la situation de se moquer... J'ai donc fini par avoir recours aux 3 livres fondamentaux de Catherine Dolto que je n'avais pas donnés à une collègue, les gardant pour lui, oppositions simples dans l'expression des émotions enfantines, "dire non", "les bêtises", et celui du jour "gentil méchant".

Je les ai feuilletés et il était très attentif, bien que je ne lise pas tout, je lui avais proposé de le faire lui et il avait dit "non" par son comportement, buté, opposant... Bien évidemment,  je recadrais un peu, m'intéressant à ce qui le concernait davantage compte tenu de son âge, 21 ans. Nous les avions déjà regardés à l'occasion de "bêtises", pour le problème avec les filles, la question du toucher, par exemple, qui nous avait fait évoquer la séance du scéno-test pour distinguer les deux mondes (cf. l'image ci-dessus du jeu réalisé il y a 3ans), celui du désir et les règles de la vie en commun quand il avait 18 ans. Cela n'avait pas suffi car il a fallu le reprendre à son arrivée à la SAS,

Est-ce pour se réconcilier avec moi quand je lui propose de travailler ensuite et qu'il refuse, buté, 'têtu' dit sa mère, il va me chercher dans la poche de son manteau un "cadeau" : au cours du stage qu'il vient de faire, il a emballé dans de petits sachets des socles avec encoche pour un document à ne pas oublier. Il en a eu 2, un qu'il a donné à sa mère et un pour moi donc. Je pense à Oumi puisqu'au niveau émotionnel je ne peux m'empêcher d'associer! Je le fécicite, le remercie...

Mais son opposition demeure, il refuse toutes les activités proposées. Déjà, en arrivant il avait bougé le tabouret pour mettre le sien et s'était mis sur le vélo refusant d'en bouger. Je m'étais fâchée. C'est au tour de sa mère excédée, un peu de morale, 'tu viens voir Jacqueline pour travailler, elle t'aide à grandir etc... On s'en va'. Effectivement elle se lève, va prendre le café avec M* et je fais de même. Il attendra dans le couloir, et c'est en partant qu'elle lui rappelle ce qui était à l'ordre du jour, "ne pas blesser les personnes" que je suis amenée à reformuler..

 

Yann a compris et en tiendra sûrement compte, sa mère me confirme que son père et elle se sont mis à 2 pour le lui rappeler avant le cours de gym suivant... Il n'y a pas eu de message du côté de la SAS. Faut-il essayer de répertorier toutes les situations où il risque de récidiver ou généralisera-t-il de lui-même...?
Nous ne fonctionnons pas ainsi. La séance suivante n'est pas programmée a priori. Il a un peu travaillé avec sa mère cette semaine. Nous allons donc en principe reprendre nos activités de "lecture". J'avais mis "La maison d’Émilie" dans notre circuit et il y a les cahiers et le livre que sa mère a trouvés. Et... comme il adore les mots croisés que sa mère a dénichés (il trouve par l'image et recopie le mot dans la grille) je cherche ceux que j'utilisais du temps de ma pratique pour qu'il puisse varier les supports... et, un jour, peut-être, "entrer" dans les définitions et les références culturelles de certaines (cf. sorcière pour balai). Introduction à l'humour en quelque sorte. Avant de démarrer notre séance, je lui ferai mettre sur le lit qui sert d'étagère, les supports de notre dernière séance en disant probablement "on a fini avec ça?"...
à suivre...

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 19:36

Comme un robot      De l'étayage à l'autonomie de pensée.

Du "comme un robot" à l'équilibre...


Jimminy est au coeur de ce nouvel article.

Après l'ouverture apportée par les feuilles du bouquet, une séance d'expériences avec son corps, il se lance dans des essais avec des cubes et achoppe sur la description d'images, faute de raisonnement.

 

Il commence par réclamer de passer sur le ballon: il s'agit de s'étirer, jambe et bras Le chariotopposés, le ventre bien au milieu (on en aperçoit la base derrière le chariot), en ressentant son centre de gravité. C'est alors qu'il aperçoit le chariot dont la ficelle traîne, dépassant de dessous l'armoire, et me demande de jouer avec.

 

J'hésite, il semble n'avoir jamais joué avec un jouet de cette sorte, et je lui laisse le champ libre, tout en lui disant que c'est d'accord, c'est pour 2, 3 ans, tu joues alors comme si tu avais 3 ans! Et j'insiste pour qu'il le traîne derrière lui en se promenant.... "Allez, viens, mon chien" dit-il en donnant des secousses à la ficelle. Il revient au tapis, espace de jeu pour les petits, et pendant que je commente, 'mais à 3 ans on ne sait pas encore faire "comme si"', il prend les différents éléments et essaie d'en faire quelque chose.

 

Pendant qu'il était sur le ballon, tout au début de cette séance, je l'avais questionné sur la façon dont il comprenait avec la maîtresse (elle le prend en soutien). Je mets en mots ce que je pense des reformulations successives qu'elle doit pratiquer, souvent 3 fois, pour qu'il comprenne ce qu'on lui demande de faire. Du "tuteur" enfant mis en place par la maîtresse de l'année précédente (vite abandonné d'ailleurs), il est maintenant en soutien effectif.... J'aimerais qu'il me dise ce sur quoi il ne comprend pas pour rendre plus efficace sa réalisation avec un étayage d'une autre sorte dont je lui rappelle le principe : "je te donne des pistes et c'est toi qui trouves ce que tu vas pouvoir faire seul", mais nous avons un vaste programme. Il est temps, puisque nous travaillons sur l'inscription du temps, que nous passions à l'histoire des évènements d'une opération (j'ai préparé une fiche)... car il est loin de comprendre un énoncé de problème alors qu'il est passé en CE2, à l'ancienneté en quelque sorte.

 

Bien sûr, il pose les éléments verticalement, ils le font presque tous, et comme le tapis gondole, je lui propose d'aller s'installer plus loin, sur le plancher au pied de l'échelle. Il essaie tous ceux de la même hauteur, en fait une sorte de plancher en hauteur, hésite, que faire des plus grands? cherche et finit par commencer un équilibre en doublant la base en quelque sorte. Il constate "cela tient", s'exclame quand il trouve des solutions... il est en pleine construction d'une démarche. Puis il s'essaie à en faire un autre, sans le renforcer, en commençant par un pont, avec d'autres en équilibre  JiHamburger.

et je lui rappelle qu'il a déjà essayé, avec les éléments qu'il devait classer en trouvant des critères (Formes Couleurs Dimension Hauteur), sans rappeler toutefois qu'il avait ainsi construit un hamburger géant en tenant compte des couleurs (sans oublier la moutarde).

 

Lorsqu'il reprendra ultérieurement les pièces du Hamburger (FCDH), il supportera de les poser horizontalement, par 4 ou 5, en superposant celles qui ont une différence de taille, comme quand il joue avec les poupées gigognes. Quelque chose a pu s'organiser au cours de ces expériences...

 

 

 

équilibre   

  Mais ce n'est qu'une séance au cours d'un long parcours. Cela ne peut suffire à permettre à l'enfant de se trouver, de se poser. Il reste si distractible, tellement noué à l'intérieur qu'il ne peut se main-tenir droit... Il nous faudra sûrement reprendre la dimension psycho-motrice de la prise en charge.

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 08:10

Aynaarbre

Adolescente...

Comment faire sans projet?

 

Anya est une adolescente en grande difficultés: on n'a aucune prise sur elle, elle n'a pas grandi dans sa tête et continue à fonctionner sur le mode de "je n'aime pas", dans l'instant ...


Sa maman a projeté sur elle tout ce que sa vie d'exilée politique ne lui a pas permis de réaliser sur le plan professionnel... Son père est parti à sa naissance... Il y a des gênes d'artiste dans la famille et surtout aucun cadre qui puisse contenir, guider... Trop ou trop peu d'exigence...

 

Elle a réalisé le dessin ci-contre à 13 ans, en 5e. L'arbre est dans le coin inférieur de la feuille (format paysage), tout le reste est blanc, vide (coupé dans le cadrage). Elle a réalisé un "village" (voir le lien sur le site en fin d'article "matériel") complètement refermé sur lui-même, se situant au centre, narcissisme sans ouverture possible, ni recherche de socialisation...

 

Une histoire difficile certes

 

Pour l'essentiel (le détail se trouve en fin d'article), elle a grandi sans père,  sans repère au niveau des générations non plus, et ne s'est jamais investie dans les apprentissages scolaires. J'ai arrêté une première prise en charge quand le relai a été assuré par une psy. Je l'ai revue 3 ans plus tard, alors que, à presque 18 ans, elle était en voie de déscolarisation totale.

Elle était plus que jamais un objet de chantage entre père et mère, qui se la renvoyaient l'un à l'autre lorsque son père a bien voulu la revoir. Elle n'était allée chez la psy que par intermittence et n'y allait plus du tout lorsque sa mère m'a appelée au secours.

 

Mais tout n'est peut-être pas perdu...

 

Je lui propose la métaphore du tireur à l'arc dont Max vient de me faire cadeau. Un tireur et un arc à côté. Que faut-il pour que ce soit un tireur à l'arc? Elle dit d'entrée de jeu: une cible. Je dis alors que cela n'en fait toujours pas un tireur. Elle complète sa représentation, une flèche. Je précise qu'elle est en place sur l'arc. Elle s'engage alors en disant viser. Je rappelle que l'arc est "à côté" du tireur. Non sans peine elle finit par trouver "le prendre"!!!

 

Cet échange se situe au moment où elle est retournée à ses cours, répondant à une convocation à des examens. Anya est épuisée d'avoir révisé, et d'avoir réussi certaines des épreuves à l'étonnement de son professeur de français. Elle en a raté également bien sûr. Dans sa classe (CAP de serveuse), 5 élèves étaient déscolarisées, elle est la seule à être revenue.

 

Je ne peux arrêter maintenant alors qu'elle n'a plus la CMU (elle ne peut joindre son père et sa mère ne l'a plus). Ce n'est pas du soutien scolaire que de l'aider à assurer cette "prise en main" d'elle-même qui semble se produire. Elle a besoin d'un tuteur qui, dans un premier temps, s'adapte à son fonctionnement pour l'aider à en sortir.

 

Nous avions beaucoup parlé de cible, nous avions travaillé sur l'arc et la flèche en analysant le type de fautes qu'elle faisait dans un texte écrit, revu ce qu'elle savait à ce sujet, retrouvé la capacité de se concentrer, tenté de dissocier l'affectif du cognitif dans son approche relationnelle du scolaire, mais si elle est bien là, avec son immaturité de petite fille, il lui restait à réaliser que chez elle aussi, comme pour Max, l'arc était à côté de la personne qui voulait tirer avec.

Lorsqu'elle a "trouvé" qu'il fallait le prendre, elle a eu la réaction physique qui me permet de repérer l'investissement émotionnel: elle s'est penchée un peu sur le côté, l'a prononcé d'une autre voix, un peu soufflée, très vite, comme si cela lui échappait en quelque sorte. Elle est redevenue elle-même, tout de suite redressée...

 

Le coup de coeur du jour:

 

Le fil relationnel est si ténu, je ne supporterais pas de la lâcher par éthique personnelle, même si la déontologie d'une orthophoniste ne prévoit pas de tels "hors cadre".

 

 NOTES

Quelques points critiques de son histoire.

   

Elle a été élevée comme si elle était la grande soeur de son neveu, fils de sa soeur, artiste, sans le repère des générations. Ce garçon, que j'ai suivi jusqu'à ce que sa mère stabilise sa vie et déménage, a eu le plus grand mal à entrer dans les apprentissages (voir Illis Problématique "dys" et "Figure de Rey" sur le site).  

Anya avait, elle aussi, été suivie en orthophonie pour apprendre à lire, mais elle a très vite arrêté la prise en charge psy qui a suivi au CMPP, pour répondre à son absence d'implication dans les apprentissages scolaires et le problème lié à l'absence de relation à son père.

 

Elle est entrée au collège mais la maman a refusé la SEGPA, la voyant "médecin" en dehors de toute prise en compte de la réalité. Anya était ainsi complètement larguée au niveau scolaire et en conflit permanent avec sa mère sur son emploi du temps et ses absences non justifiées, les modalités de ses sorties avec des copines, leur vie en commun.

La démotivation scolaire n'a fait que se confirmer et je me suis efforcée, en dehors d'un travail technique sur des difficultés en lecture et orthographe, concentration, raisonnement etc. , de l'amener à reprendre avec une "psy" pour pouvoir arrêter... elle oubliait tout le temps...

 

Pour quelle prise en charge?

 

Un bilan dans un service hospitalier aurait révélé (il y a quelques mois) un QI de 75 (que je suppose hétérogène) qui a paniqué la mère mais ne l'a pas rendue plus réaliste pour autant, continuant à projeter dans sa fille ses rêves déçus, Elle m'a appelée au secours et j'ai repris Anya qui ne voyait sa "psy" que épisodiquement, oubliant les rendez-vous, tout comme elle pouvait oublier les miens. Compte tenu de mon implication dans ma relation à cette famille, j'ai fini par la relancer sur son portable ces derniers temps, lorsque son père lui a fait miroiter de quitter sa mère, l'achetant par des cadeaux alors qu'il est devenu injoignable la semaine suivante.

Ce n'est plus de l'orthophonie au sens propre, bien qu'elle ait une demande sur l'orthographe, mais un lieu d'écoute et de parole pour analyser le concret, la réalité de ce qui se passe, encourager un réinvestissement du scolaire, prendre un nouveau rendez-vous avec la psy, rechercher des centres de formation aux métiers de la petite enfance (ce qu'elle a envie de faire), pas trop loin, en définissant les critères acceptables par ses parents, publics (non payant), pas trop loin, dans un environnement pas trop dangereux etc. au cas où on voudrait bien la prendre malgré ses échecs...

C'est à ce moment qu'est arrivée la métaphore.

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 23:20
sablierCPourquoi le temps? La question est vaste... trop vaste.

Tous ces enfants qui sont dans la lune...
...leur demander d'"atterrir" n'est-ce pas leur signifier de réintégrer l'ici et maintenant de la situation que nous partageons avec eux?

MAIS

Il y a le temps vécu et le temps objectif. Plusieurs corpus proposés sur le site (cf Samir, Julien, Trévor, Kamel) évoquent la difficulté du passage de l'un à l'autre dans un contexte de troubles de l'apprentissage.

Il y a le temps de l'autre qui implique le fait d'être sorti de l'enfance
, longtemps régie par le principe de plaisir, alors qu'il s'agit de gérer le jeu entre contraintes et désirs,

Il y a le temps de l'énonciation d'un sujet qui permet de situer l'avant et l'après de sa propre histoire.

Que faire?????? Comment  aider ces enfants "ailleurs"?????? Est-ce un problème existentiel (référence "psy") ou de programmation (référence "neuro"), ou les deux???????

Je pense à cet enfant de mon entourage, qui jouait tout seul, si autonome, mais de fait comme perdu dans son monde, car il  n'arrivait pas à faire ce qu'on lui disait de faire...
Quelques idées pratiques qui l'ont aidé, parallèlement au fait de le guider pour raconter ce qu'il a fait, ce qui s'est passé, sans oublier ce qu'il a pu ressentir... depuis qu'il a 3 ans.

- Initier l'action, avec le 1 2 3 déclencheur (qui fait ressusciter les morts dans les jeux d'enfants, comme on a pu le voir pour Juju enfant IMC), avec incitation des bras tendus (cf. les premiers pas) ou accompagnement du mouvement (ou du geste) demandé (dès 2-3 ans).

- Ne pas se perdre en route, combien de sabliers pour finir ton assiette? Le sable coule, on le retourne et on compte: 3 repères qui focalisent l'enfant sur le temps de le faire, et l'incite à porter la fourchette à sa bouche sans tomber en panne (dès 4-5 ans).

minuteurC- Se programmer avec le minuteur (11 ans 6e). Au lieu de le programmer, "tu as 10 minutes pour faire ceci ou cela (liste au tableau par exemple)", lui demander une estimation du temps qu'il pense devoir mettre pour tel ou tel exercice, finir d'apprendre etc... et le laisser le gérer.
Il faut, bien sûr, venir voir de temps en temps pour discuter avec lui de ce qui lui a fait sous estimer le temps nécessaire... Modifier le >"plus grand" en < "plus petit" par exemple. Ce qu'il faut se donner comme support pour retrouver plus vite ce qu'il cherche etc... En espérant que cet étayage de méthodes de travail sera enfin investi de sens pour lui.

De mon point de vue, on ne peut proposer à n'importe quel jeune enfant de régler un minuteur, cela vient en son temps, en tenant compte de son développement personnel dans le cadre d'une prise en charge effectuée par ailleurs.

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 21:50

                               AUTOPORTRAIT et MODELE INTERNE

 Artus Autoportrait                               (Le Handicap en question)
Artus (20 ans) est devenu un homme. Il n'a plus le faciès qui stigmatise le mal dont il souffre "moi humain handicapé trisomique". Son dessin témoigne de ce qu'il s'efforce de réaliser: l'ovale du visage! On est loin du schéma préformé qui prévalait il n'y a pas si longtemps!

Son expression semble changer. Pendant qu'il dessine cet ovale avec force tatonnements, la bouche est entrouverte certes, mais "normalement" tonique. Ses commentaires relèvent tout autant d'interjections (commentaires d'action) que de précisions sur ce qu'il dessine adressées à l'autre (dénomination)....

Je pensais d'ailleurs reprendre, dans cet article, l'évolution du "bonhomme" depuis qu'il s'est lancé dans les autoportaits.

Mais... la semaine suivante, il arrive avec l'autoportrait ci-dessus sur une feuille à dessin, tout triste et je décide de l'interviewer.

"Les jeunes de ma cité ont dit qu'il était moche. Il n'est pas moche, il est beau. Il est bien rasé". (Il passe alors spontanément au "je").
"Je suis beau, même, je suis pas crade.
Arrête de râler avec moi. Des gens qui m'agacent. Moi je suis tout habillé bien... J'ai une tête d'ange".


ARTUS VOUS DEMANDE CE QUE VOUS PENSEZ DE SON PORTRAIT.......

Laissez un commentaire, cela réconfortera Artus,

car je lui ai montré le début prévu pour cet article. Nous avons discuté du "pseudo" que j'utilise pour le représenter. Il voulait son nom, puis a compris l'intérêt de ne pas le mettre sur Internet, au point de l'effacer sur son dessin au moment de repartir avec, dans une chemise et un sac pour ne pas attirer l'attention.

Il me semble que cette expérience lui a permis de faire un grand pas du côté de la représentation de soi-même.
Tout se passe comme si, alorsqu'il se montre soucieux de se reconnaitre dans les moindres détails de ce qu'il dessine, (ne nous donne-t-il pas les clés de ce qui, en plus des lunettes et des traits du visage, le représente), le fait d'avoir un "pseudo" lui permettait d'établir une distance entre ce qui est sa réalité même et l'image qu'il en réalise. Un espace pour ne plus adhérer à sa matérialité...

Je reprendrai donc l'évolution de ses dessins dans un prochain article ici-même ou sur le site, Artus a besoin de paroles de réconfort et je ne sais pas tricher en les écrivant moi-même.


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  • : Le blog de J Zwobada Rosel
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- L'avatar correspond à des dessins d'enfants tels qu'ils me voient. Il y a 30 ans, un jeune malentendant de 9 ans me dessinait avec des taches de rousseur (non non ce ne sont pas des larmes!)
  • Orthophoniste à l'ancienne mais à l'écoute... - L'avatar correspond à des dessins d'enfants tels qu'ils me voient. Il y a 30 ans, un jeune malentendant de 9 ans me dessinait avec des taches de rousseur (non non ce ne sont pas des larmes!)

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