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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 09:26

Mirabeau"Sous le pont Mirabeau coule la Seine...

Vienne la nuit, sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure."

 

 

Comment "être" ici et maintenant? Une nouvelle image vient éclairer le "lâcher prise" pour un, une dyslexique. Ce n'est pas comme dans la chanson un pont qui unirait le passé au présent et qu'il suffirait de "passer le pont", ou, autre image que j'utilisais souvent de "trouver un gué" et de s'y risquer de bond en bond en évoquant ce passage.

Non pour moi, maintenant, j'ai trouvé donc comment rendre cohérent ce passage à ceux qui, selon mon hypothèse, n'auraient pas le filtre du préconscient entre l'inconscient et la conscience selon la théorie psychanalytique telle que je l'ai représentée il y a plus de 10 ans dans un contexte de DL. Cette représentation du fleuve qui charrie ce qui n'est que scories est celle qui m'éclaire dans l'instant.

Le temps est comme un fleuve qui coule, indifférent, qui ouvre au présent quand, dans le bond qu'il faut faire pour le franchir, tout ce qui nous a blessés dans notre histoire, se laisse tomber au passage, et nous permet l'atterrissage en paix pour vivre, vivre avec les autres et bien sûr en paix avec nous mêmes, pleinement dans l'ici et maintenant. Cette image rejoint celle du fleuve de l'oubli en quelque sorte. Le Léthé est le fleuve de l’oubli, où les âmes des morts oublient leurs vies antérieures. Partout, les fleuves relient toujours la vie à la mort.

Dans l'image proposée, l'oubli est une sorte de mort à ce qui fût, et ce qui est "ici et maintenant" peut alors se poser comme une plume (ou toute autre image) sur, représentation proposée dans une approche boudhique, il me semble, le fleuve du temps qui coule et nous entraîne sur le chemin de la vie, sans que nous soyons au centre de l'univers!

J'ai proposé cette image à Miloud, il a eu le sentiment qu'elle lui apportait quelque chose, après avoir tenté de la connecter au tableau du temps qui représente celui-ci sur un axe horizontal. Nous n'avons pu la réactualiser car il a à nouveau disparu, pris par son nouveau travail et par des démarches pour faire effacer ce casier qui interdit tout contrat de travail impliquant une responsabilité... à suivre...

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 15:58

la-boussole-10464De quelle confiance s'agit-il?

 

 

Si Miloud revient, après près d'un mois d'absence, avec en tête les questions des dernières séances de l'année, car il ne suffit pas d'avoir les clefs en main pour réussir à écrire, il reste d'abord mobilisé par la question de son avenir!

De quoi a-t-il envie? S'engager, devenir père de famille, comme un de ses copains qui commence seulement à réaliser ce que c'est, alors qu'il a femme et travail, alors que pour lui, Miloud, il n'y aura pas de commission avant septembre pour retrouver son ancien boulot correspondant à ses qualifications! L'intérim est trop aléatoire...

Il ne parle pas de son dernier séjour avant la séance suivante car c'est la guerre froide avec sa mère: il échappe à son contrôle en vivant "sa" vie. Il "garde la tête sur les épaules" en restant calme et nous revenons sur le monde "décalé" du DL et ses valeurs, la conscience qu'il a de l'hypocrisie de ceux qu'il a rencontrés dans ce monde de là-bas, la religion qui 'aide à trouver cet équilibre' qu'il recherche. Mais il a aussi, de mon point de vue 'les pieds d'un monde à l'autre'. Je lui rappelle son souci "d'être", alors qu'ils ne sont que dans le "paraître", qui est leur façon d'être, en précisant dans un raccourci: 'ne pas projeter ton énergie par rapport aux autres mais projeter sur l'avenir'. Son inquiétude: "sans me perdre, sans se diluer". Un déplacement en quelque sorte, ce qu'il s'efforce, maintenant, de faire sans cesse, dans les jeux de l'ordinateur.

 

Quelques extraits de nos échanges autour de ces différents thèmes illustrent bien cette épreuve de réalité que constitue ce qu'il rencontre sur son chemin de vie en ce début d'année. Il l'avait figuré dans un dessin à son retour d'un précédent voyage où il s'était posé les questions existentielles: "Qui je suis? Où je vais?". Il passe maintenant par l'analyse que permet le langage pour tenter de trouver des réponses.

 

"Mon copain va avoir un enfant, le 2e et... le temps passe... je vieillis -faut pas vous vexer- à une vitesse...!

Ça m'ennuie un peu parce que ça me met face à la réalité..." J'approuve 'c'est bien ce que tu viens chercher ici, un lieu... Tu grandis!'. Et je lui propose de relire la carte "tout contrôler" qu'il regardait justement, posée verticalement sur un clip depuis son départ, il y a un mois. Il avait mis l'entraîneur en route.  Mais il attend quelque chose.

Je l'interroge sur le fait qu'il ne m'ait pas contacté (changé de portable) et qu'il ne soit pas revenu tout de suite de son dernier séjour. De fait, c'était pour mettre en route un travail... puisqu'il doit attendre septembre pour repasser en commission pour son ancien travail. Cela impliquera de réactualiser le CV, la demande au Procureur de la République pour son casier, ce qu'il fera avec l'éducateur qui a son dossier, mais nous ne pourrons y travailler ensembles et cela lui fera rater nos rendez-vous ou les raccourcir... L'intérim, c'est pour 10 mois en principe. Encore une contradiction que je ne souligne pas. 

Il revient sur la question de sa relation, s'engager: "avoir un enfant c'est trop de responsabilité. Quand j'ai vu mon copain il y a deux jours, il a peur" Je commente: 'il réalise après coup ce que c'est...'

Miloud poursuit son analyse "... ce qui me craque (fait craquer, il y avait eu une carte sur ce thème) un peu:

parce que je ne peux (?) pas écrire, est-ce que je peux assumer un enfant? Je n'ai pas assez d'armes... peu de fusils d'assaut..."

Je l'interromps 'armes?' Je reformule ce que j'ai compris: 'ça c'est un manque de confiance en soi'. Je le précise dans le cadre de notre dialogue et de sa fonction thérapeutique: 'tu me poses une question, tu as la réponse en dessous .Tu le sens? Il faut que ce soit moi qui la pose pour que la réponse sorte, ou bien c'est dans la question que je pose que tu trouves la réponse.'

"Quand je dis la peur de mal faire, d'être pas assez bien armé"...

Miloud retourne aux jeux d'ordinateur. S'il ne voit pas les figures, cela arrive, il commence à pouvoir abandonner une première configuration pour reprendre dans d'autres combinaisons. Toujours la flexibilité. Pour les mots coupés, ils servent de support à un travail sur les racines pour le sens et les dérivations dans le cadre d'une famille de mots, du nom (connu) au verbe ou à l'adjectif, la morphologie verbale, et principalement, le fait de déplacer des syllabes d'un mot à un autre lorsqu'il y a plusieurs possibilités, nouveauté au niveau 2 car il n'y en a qu'une pour réussir.

Notre programme comprendra désormais lire pour écrire, phrase par phrase, si Miloud peut être suffisamment régulier, sans trop de problèmes à régler.

 

Mais 3 jours plus tard, il est épuisé: il doit décharger sans cesse son trop plein d'énergie. "Quelle vie de de m...". Sa mère, emprise dans le "là-bas", "ma présence crée des problèmes" dit-il car il lui tient tête pour gérer "ici", jusqu'à sa soeur qui a des soucis d'orthographe et panique pour son propre projet d'avenir. Elle est pourtant la plus autonome. Nous reprenons le plan de travail. Il compte reprendre le livre de "lâcher prise". Je préfèrerais un livre où il s'implique moins, mais même dans les livres d'enfants, il cherchait... Il se bat. Je le compare à Don Quichotte qu'il ne connaissait pas: ne pas se battre contre des chimères.

Nous travaillons la lecture qui n'est toujours pas courante: il ne peut dépasser 10 à 15 minutes quand il s'y essaie:

Nous repartons de la fiche du s (refaite quelques mois plus tôt). Nous la reprenons en dictée après l'avoir lue phrase par phrase: le fameux -lire pour écrire-. Mode d'emploi. Il entoure les mots qui risquent de lui poser problème. Il se trompe encore et encore sur le e et le é. Il reconnait avoir "photographié les mots sans les entendre", donc sans le sens, d'où les erreurs. Nous repassons par la lecture verticale des mots qu'il a repérés car il saute encore des lettres comme le i, le r.  A propos des mouvements parasites il comprend enfin ce que je lui demande: "il faut que ça vienne de là-haut et que ça sorte directement" et fait le point à sa façon:

 

"J'ai trouvé comment donner du sens, mais pas comment l'enregistrer".

 

Notre travail se poursuit, avec le guide des cartes que le hasard met sur son chemin: chômer sans stresser. Il y trouve des indications pour lui-même même quand il ne se sent pas concerné dans une première approche. Elles s'inscrivent en temps et heure par rapport à notre travail pour qu'il ait des mots pour s'exprimer et sorte de cet enfermement où il se sentait...

 

Il accepte d'apprendre le tableau des voyelles chez lui avec son carnet. Il ne les retrouve pas toutes quand je lui demande de les écrire et m'explique qu'il les regarde pourtant des yeux, souvent, et pense le savoir. Il se demande pourquoi cela ne marche pas. Je lui propose à nouveau, à sa demande explicite donc,

  •  
    • - mon approche des circuits "mémoire" d'une part: je recense tous ce qui intervient dans la perception: yeux, oreilles, sentiments (en tant qu'impact des sensations, autrement dit, la sphère psycho-affective...) + le mouvement, les formes en découlent. Il faut se rappeler de ce qu'on voit,le temps de trouver une forme qui a déjà été vue et qu'on reconnait alors. Nous le préciserons ultérieurement.
  •  
    • - et ce qui concrètement peut poser problème dans l'intégration de la correspondance grapho-phonémique, d'autre part... Il est perturbé par ce qui n'est pas fixe dans les mots et je lui donne quelques réponses aux points qu'il soulève.
  • 'Il y a deux lettres magiques pour changer les sons (je pense aux consonnes c et g),  le u renforce, le e adoucit. Nous faisons l'inventaire de ce qui le gêne: le o ouvre le eu e-oe/ oeu. L'accent permet d'ouvrir le son du é (en tant qu'archiphonème). Le i permet de changer une voyelle qui n'est pas /e/, comme si le i remplaçait l'accent: ai ei.'Nous cherchons des exemples de _e+consonne en finale qui fait é mais qui s'ouvre quand elle se prononce, e++2 consonnes de même. Il ne trouve que belle en disant "ça ne vient pas".
  •  
    • L'évocation est donc en question. Méthode de recherche: choisir un thème, partie du corps il propose "tête" et poursuit, "c'est facile pour vous". Je tape sur la fesse pour le lui faire trouver. Nous poursuivons l'analyse, bonbon, une exception pour la règle du om. Oreille lui permet de retrouver le ill.  

Le travail se poursuit avec cette image qu'il apporte, qui actualise le saut dans l'imaginaire et figure le désir:

"mon esprit vagabonde, c'est comme si je lançais les bras en avant pour attraper"...

Miloud témoigne de sa concentration focalisée maintenant sur ce qu'il veut enregistrer. Quant à la méthode "je ne l'ai toujours pas trouvée, malgré le temps". 

Son entrainement personnel (plus qu'intermittent): "j'ai pu lire 20' hier à 25 complètement décroché, ce sont les mouvements avec la bouche qui me fatiguent."

Je lui rappelle qu'il est censé 'lire des yeux', et lui demande 'quel geste?'. Il le sait bien "mettre la main devant la bouche".

Il s'encourage: "maintenant faut aller au combat".

Je reprends, 'il faut se remettre à ce qu'on faisait, comme tu ne retenais pas les mots, te centrer sur la méthode' et je refais pour lui un tableau sur la mémoire en développant une première colonne, celle des perceptions pour lui montrer, en l'écrivant et le localisant sur la feuille, ce qui se passe:

'construire au lieu de deviner'.

J'explique ce qu'est une perception: une première forme d'organisation: 'tu as des sensations, mais tu les a déjà eues, vues le plus souvent, il s'agit de les retrouver. Certains sons c'est d'emblée, d'autres tu les reconstruis en les retrouvant par rapport à ceux-là. Pour les mots c'est pareil. Pour toi un "sapin" a une forme figurée, le même mot écrit, lui, est une coquille vide, il y a un tas de représentations du sapin, un tas d'images qui peuvent te venir et parfois, leur sens arrive comme dans un saut qui donne le sens du mot sapin  et qui restera son sens quel que soit la forme qui pourrait te venir à l'esprit quand tu le vois écrit. Ce sens (concept) intègre tous ceux auxquels tu peux penser'.

Construire est un des maîtres mots pour ceux qui sont dyslexiques et ne peuvent compter sur une structuration non consciente, alors qu'elle est nécessaire à la mémoire à long terme, qui permet de fixer ce qui est perçu, les formes qui révèlent le sens.

Il dit alors:

"J'ai peur de me lancer".

Je rétorque 'il te faut accepter de te tromper pour pouvoir progresser. Honte? parce que les autres vont le voir? Les autres ont leur vie...'

 

Confiance en soi, confiance malgré la malchance qui semble le poursuivre. Les clefs qu'il détient sont dans cette énergie de lutteur, ne pas craquer, qui en veut malgré tout. Motivation et émotions, ce qui pousse à agir, mais comment gérer celles qui étaient "enfouies" avec l'oubli de son passé et qu'il a localisées dans son dessin réalisé à partir du texte "le puits". Les mots sont là maintenant pour l'évoquer sans figuration et avancer.  La flèche hérissée d'amorces illustre cette pulsion. De lire à écrire, il a trouvé lui-même, au pays de ses racines, les questions fondamentales pour lui : qui est-il? où va-t-il? rapportées à l'occasion de son avant dernier voyage.

 

D'autres cartes vont jalonner les séances suivantes et nos discussions l'éclairer car il fait les déplacements nécessaires pour y retrouver ses propres expériences: "objets inanimés", "cela ne m'a rien fait" mais il avait sauté une phrase à cause du mot frustration qu'il ne connaissait pas. Ce n'était pas nouveau pour lui, en d'autres termes. Pour "tabac, gérer la rechute" il précise "Ca débloque un petit quelque chose" bien qu'il ne fume pas.  Je me risque à lui parler d'une expérience personnelle pour arrêter le tabac, en vacances et il tire alors "Décrochez en vacances". Je lui propose alors une représentation du temps que j'imagine, là où j'en suis de ma propre recherche, qui sera présentée dans le prochain article sur Miloud, avec la carte "En retard".


Comme thérapeute j'espère qu'il va lâcher un jour tout ce qu'il retrouve dans ce travail sur lui-même pour "écrire" enfin, tout comme il a réussi à lire. Confiance, être et paraître, laisser une trace de soi dans l'écriture, s'engager donc, il "veut" certes mais "n'a pu fixer" ni les mots qu'il déchiffre encore souvent, ni le travail technique, en particulier le support visuel proposé pour intégrer le système de la langue... malgré ses essais, il n'apprend toujours pas, faute de retenir, et peut-être de s'exercer suffisamment. La vie ne lui en laisse guère le loisir.

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 11:32

trousseau-clesLe chemin des cartes (décembre).

 

Le lendemain, Miloud n'a pas arrêté de  penser à mes paroles sur l'estime de soi, lorsque j'ai reformulé "se donner un rôle" en 'non! comment on veut être vu': il ne trouve pas de réponse...

Je souhaite le rebrancher sur la réalité concrète, au lieu de se complaire dans un questionnement métaphysique.

Je lui fais lire alors un petit texte que j'ai écrit sur "Un Te Deum païen", ce que m'évoquait la musique que je chantais à un récent concert, sans vraiment me préoccuper des paroles, juste l'esprit de l'hymne que je connais. C'est un texte d'images qui intègre la perspective de la fin inexorable de cette danse qui nous mène dans un parcours au sein de tous les visages de la nature.

Il réagit violemment: "Faut pas parler de ça Madame!". Et je me justifie en précisant 'tu ne peux pas avancer sur un petit nuage'.

Il me demande alors une carte (jeu "lâcher prise"). Une fois de plus elles répondent en le guidant dans sa réflexion, son auto-analyse puisqu'il s'est orienté vers cette démarche...

 Il prend la première "Pour ne pas craquer". Il analyse: "Quand j'ai beaucoup de stress, je déprime un peu. Je me force à ne pas...". J'essaie de lui faire réaliser la contradiction... C'est un peu de la provocation, le pousser dans ses derniers retranchements, en lui donnant une nouvelle piste. 'Sortir de toi, te mettre à la place de l'autre. Cela dépend de la situation bien sûr: faire jouer l'imagination'. "J'y arrive pas!" 'C'est normal parce qu'on a parlé de la mort. C'est pour que tu descendes de ton nuage!'

Puis "héros ou martyr".  La deuxième répond bien au retour à la réalité.

"Héros ça fait zéro!" Il m'en lit des extraits à mi-voix. Il ne faut pas devenir martyr, esclave des tâches quotidiennes. Ce que j'ai retenu: "lâcher prise de temps en temps. Il faut aussi rester concentré, j'arrête pas de cogiter".

Je propose 'ne plus y penser. Travailler aujourd'hui pour que ça cogite tout seul. Ne pas en rester là'.

 

Le lendemain:

Un recadrage de plus

Où en est-il? Retrouver ton travail fin janvier (en fonction d'une commission, mais ce n'est pas sûr)? Son frère parle d'aller au pays en janvier? 'Maintenant fini de parler. Tu te concentres!'

"Je n'arrive pas à me déconnecter, à me reconnecter sur autre chose... Ca me demande un effort terrible". Il s'y remet. 'Voilà où est ton effort'. 

D'emblée il annonce "je peux pas venir sans faire des mots". - ' Comme hier?' - "Oui! Après vous m'avez mis un coup avec "être ou paraître"..."

Et il se repositionne avec le logiciel: il réussit les mots à recomposer. "Ils viennent vite". Je dois lui expliquer cétacé (j'insiste sur le jeu de mots: c'est assez). Il doit partir, il revient la semaine suivante pour deux séances avant qu'il ne parte à nouveau au Bled.

 

De nouvelles cartes

De fait il est très incertain de son avenir et parle de sa copine, relation sous le signe de "j'avais un peu peur au début". Il ne lui a rien dit de son handicap, et cherche ce que signifie le mot "appréhender" qu'elle a utilisé sans qu'il le comprenne. Il prend le dictionnaire et j'en profite pour rappeler, deux p, la règle du h. "Avant j'aurais jamais réussi à trouver ça!" Il veut tirer une carte. Il me dit "je ne suis pas prêt à me faire confiance à 100%!" lorsqu'il me demande de la tirer à sa place.

Besoin de tout contrôler

C'est bien son, mon, notre problème, en lien avec la DL!!! Pour en revenir au sien nous en parlons avant qu'il ne se mette à lire et me restitue sa lecture en commençant par la fin.

"Il y a 3 questions. La plus importante: quelles seraient les conséquences si vous n'intervenez pas? Je n'ai pas compris: -manquez-vous de reconnaissance?- Vous ne pouvez pas faire confiance aux autres: pourquoi vous sentez-vous obligé de le faire?

J'ai envie de l'envoyer en texto à quelqu'un".

'N'hésite pas' (alors qu'il ne m'en adresse jamais et n'écoute pas sa boite vocale). Nou sn'arrivons pas à communiquer par portable (et il ne me prévient jamais non plus de ses changements de N°. Je dois passer par le fixe familial avec des messages jamais transmis. Se préserve-t-il de trop d'ingérence, par mes relances du fait de ses difficultés à gérer le temps?)

Ce qu'il en retient pour l'instant en me donnant ses réponses aux questions posées:

- "les autres ne nous situent pas à notre juste valeur"

- "intervenir? par peur que ce soit mal fait!"

Il est donc question de confiance, être solidaires tandis que je lui pointe en passant 'mal, faire des fautes!'

Il en revient à sa copine, sa question du jour, qui souhaite un engagement. Il s'est acheté des chaussures ce que je pointe également comme le "paraître".

Le lendemain il se met aux puzzle des formes d'emblée, "Je suis gêné  par rapport à cette fille, je l'aime bien, ça me trotte en tête". Il est sûr de réussir le puzzle: "je suis tout chaud bouillant". Il trouve et nous lisons le dernier article. Il ne peut aller vite, c'est vraiment pour lui un effet de miroir. Il m'en demande le lendemain un exemplaire pour l'emmener au pays où il va partir... Et bien sûr, une nouvelle carte (il ferme les yeux pour la tirer).

Le manque d'espace

De notre discussion lorsqu'il se met à lire il met en mot ce qui l'empêche de se concentrer en réalisant que "j'ai peur d'être envahi par les sentiments que je ressens actuellement".

 Il lit mot à mot, (A propos de l'accumulation d'objets)... Faites le vide... Ne laissez pas le passé prendre la place que devrait occuper le présent, il a buté sur cahier et commente pour conclure: "C'est trop beau à la fin. De la poésie. Je pensais que cela n'allait rien me faire. Mais ça m'a touché.... C'est bon, Madame. C'est pas moi qui invente. C'est pour tout le monde ça..."


Pourquoi des clefs?... Nous savons que nous reprendrons le travail "technique" bientôt, s'il n'a pas trop de nouvelles questions qui mobilisent son esprit et réveillent sa "peur".

à suivre ... 

 

POSTFACE

 

Deux mois plus tard, il n'a plus de copine et a enfin un projet de travail (manutentionnaire) par sa boite d'interim. Miloud redoute de se présenter à ce "nouveau travail". La peur de l'inconnu. De quoi au juste? Nous recensons, et parlons relationnel certes, car la question de l'estime de soi n'intervient pas directement: il avait fait un stage pour être chef d'équipe à Air France, était accepté avec un contrat jusqu'à ce qu'on lui demande un extrait de casier... Vieille histoire d'être pris pour un autre, qu'il traîne comme un boulet. 

 

Nous relisons cet article en instance de parution, comme toujours, il se reconnait et ce reflet de lui-même l'aide à décharger ce qui l'oppresse de son passé qui n'a pas encore rencontré le fleuve du temps (article à paraître), dernière image que je lui ai donnée pour lâcher prise après celle d'un espace trop plein donné par la carte. (à suivre...)

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 20:13

 

sapinYannn-copie.jpgDe l'omnipotence infantile, l'objet du désir, tout tout de suite.


La rencontre d'un cadre avec ses règles.

 

Le cadre amorcé à la séance précédente se précise et grâce au briefing de sa mère avant de venir, va fonctionner.

 

A la maison, elle l'a chargé d'aller poser le linge de chacun dans sa chambre quand elle le repasse. En effet, dans son fonctionnement fusionnel, Yann ne différenciait pas son linge de celui de son ami de toujours dont il a partagé la chambre pour les quelques jours de classe de découverte (cirque, ferme...) et qui s'est plaint de son comportement fusionnel.

Tenir compte de l'autre, ce n'est pas que dans son intégrité physique, mais dans la différenciation de ce qui est à lui, et dans le respect de son espace.

C'est ainsi qu'elle a présenté ce nouveau cadre de nos rencontres, comme relevant d'un espace qui ne lui appartient pas, qui a ses propres règles. "Ce n'est pas chez toi, ici, c'est la maison de Jacqueline", rappelle-t-elle. Et cela le retient effectivement.

Hypothèses de travail 

C'est bien à la maison que ce travail autour de l'autonomisation va pouvoir s'automatiser.

La confrontation des points de vue en réunion de synthèse a permis de donner des pistes qui permettent à son entourage de se centrer sur des objectifs concrets.

Ainsi, Yann sait maintenant de façon explicite que quand on change de lieu, d'autres règles doivent être suivies, dans le monde où il est ici et maintenant avec nous, les acteurs qui partagent sa vie. Le lui répéter sans cesse, dans un cadre éducatif, ne laissait pas de trace à long terme. Cette séparation a été mise en scène dans le jeu du scéno test qui a pu laisser une trace en représentation à un niveau figuratif et participer à la structuration de son espace psychique.

Sur un plan concret, un rappel verbal est encore nécessaire pour réactualiser chaque cadre: les premières fois nous rappelons l'ordre dans lequel vont s'effectuer les activités, et très vite il le rappelle de lui-même, fier de s'en rappeler. Ce rappel passe par le langage, et, à ce niveau,  il lui faut encore un étayage pour tout ce qui procède d'un langage que je qualifierai de "référentiel", où il doit appeler le mot qui convient, et non se laisser aller à un langage impulsif, que je qualifierai d'"énonciatif", lié aux émotions de la situation où il se trouve. C'est une sorte de recadrage nécessaire qui structure les énoncés référentiels susceptibles de s'inscrire en mémoire à long terme et le comportement qui leur correspond en restreignant les débordements de sa gestuelle expressive qui accompagnent ses énoncé spontanés.

Les 2 séances suivantes

  Le plan a été suivi dès la première séance qui a suivi celle du docteur who. L'arrêt pour rappeler ce qu'on va faire, le choix d'une image à regarder (1-Langage) avant de passer à l'ordinateur (2-structuration mentale). Quand il y avait un changement, il était annoncé dès ce stade...

14/12/13

1) Nous allons mettre en place un nouveau jeu: le jeu du détective lorsque nous en serons à décrypter l'expression corporelle (mimique, gestes) pour avoir accès à ce que chacun va vouloir exprimer par des mots.

Yann choisit l'image N°7. Il s'agit d'explorer un scénario, ce qui revient, à son niveau de langage, à décrire la première image puis remplir les bulles de la seconde. Yann va-t-il repérer la situation et pouvoir faire parler les personnages? L'étayage est nécessaire dès la phase de dénomination/description.

- Dans un premier temps il concerne l'élément central, la télévision. Que font-ils? Combien sont-ils? Ce qui va donner :

" i regardent la télé - y en a cinq, plein de gens." Son regard plonge, indice d'une grande attention en lien avec une émotion. "deux garçons là; deux filles". On repère chacun par "" pour trouver le 5e.

- Pour introduire le deuxième temps, les paroles échangées qui impliquent de se mettre à leur place, en se guidant sur leur expression, je précise 'Regarde bien leur tête et dit ce qu'on voit'loupe.jpg. Je prends la loupe et la lui donne. Il la manipule en cherchant comment la placer, sa mère et moi nous le montrons sur nous, de même que nous prendrons les expressions qu'il doit repérer et finirons par réaliser nous-mêmes les échanges verbaux.

L'apprentissage de l'observation:

'Trouve ceux qui sont contents de regarder et qui rient. "I rient tous les deux". 'Il est où le 2e?' 'Maintenant, il faut les faire parler'. "Ah si, ils parlent. C'est lui qui parle". Qu'est-ce qu'ils disent?' Nous le mimerons à deux, sa mère et moi en lui montrant ce qui nous fait choisir nos paroles: 'regarde' (doigt tendu) et une réflexion le renvoyant à son expérience personnelle 'pourquoi tu rigoles?'. Il conclut "Ils regardent FR3".

2) Sur l'ordinateur, Yann accepte d'explorer TV Neurones, non la maison (qu'il fait chez lui et maîtrise parfaitement) mais un puzzle. Il est encore question de chercher... l'image qui va apparaître. J'interroge: 'J'sais pas ce que c'est, tu sais toi?' "J'suis pas sûr!" après quelques pièces, "c'est un paraké... 'non un flamand rose'. On sa trompé. C'est lui/ fla/rose". "Ah oui, j'ai fait une fois". On passe à la carte au trésor.

21/12/13

Changement de programme (il reprendra le premier aux séances suivantes)

Il vient avec son père qui va remettre en fonction le vieil ordinateur qui permet seul certains jeux... et le clavier tombé en panne.

Aussi lorsque Yann demande avant d'entrer "je peux?" Je lui explique le changement. 'Maman n'est pas là pour le livre et jouer au détective et l'ordinateur ne marche plus. Tu vas donc dessiner pendant qu'il le répare. Après seulement ou pourra aller sur l'ordi'

- Il va dans la pièce en passant devant et prend le tableau des pokemons ce que je refuse. Il s'installe devant la feuille avec le panier des boites de crayons de couleurs. Je précise, 'tu dessines quelque chose qui est dans ta tête' en rangeant le panneau. Il reste seul et réalise le sapin de Noël qui illustre l'article.

- Il va ensuite retrouver avec beaucoup de plaisir le logiciel mon premier corps humain super génial Corpshumain-copie.jpg(Nathan 1995 environ) avec Arthur Sanpau, qui va prendre le pas sur les autres jeux qui étaient au coeur de notre travail de structuration. Il le connaissait pour reconstituer le squelette, faire des compositions originales mais il s'agit de passer à la journée...

Il y a plusieurs paramètres à prendre en compte, à droite les paramètre physiques: fatigue, faim, soif, rythme cardiaque, en dessous la figuration du temps d'une journée sur un paysage du lever du soleil à son coucher, et à gauche différentes activités qui permettent de gérer les paramètres physiques, pour l'essentiel boisson, sandwichs, fauteuil de repos, qui défilent de façon aléatoire parmi d'autres activités qui peuvent meubler une journée.

Lorsqu'il le découvre, il écoute attentivement les consignes mais il aura besoin d'étayage pour comprendre le fonctionnement et s'y entraîner.


DISCUSSION

Le titre  évoque la part importante du retard de développement psycho-affectif de Yann qui freinerait son adaptation sociale.

Les critères pour l'apprécier sont essentiellement d'ordre comportemental. La symétrie du sapin ci-dessus témoigne d'un équilibre certain. Mais ils reposent de fait sur l'observation de son comportement dans ses groupes d'appartenance et les réactions de ses camarades. Pourquoi n'a-t-il pas intégré ces règles alors qu'il est placé dans des institutions spécialisées depuis toujours et devrait ainsi avoir acquis, en même temps que les autres, les routines qui gèrent les relations à l'intérieur de ces groupes? On peut peut-être mettre ce "défaut" en relation avec les limites de son acquisition du langage qui n'a pu se faire également par l'usage, comme cela se passe habituellement.

Et pourtant Yann se présente comme un jeune plein de bonne volonté mais qui ne s'intègre pas vraiment dans les activités qu'on lui propose, faute peut-être

- de comprendre exactement ce qu'on attend de lui, en le lui faisant réaliser dans "son" langage

- de disposer d'un temps de concentration suffisant pour maintenir son attention et éviter qu'il ne disjoncte

Il serait donc encore en période d'apprentissage, et comme les enfants autistes ou TDH ont un AES pour les aider à suivre les activités de la classe, il aurait besoin d'un étayage personnalisé, au moins le temps d'installer, d'une autre façon que par une simple consigne verbale, la routine attendue.

Faut-il exiger qu'il se taise dès qu'il est en groupe alors qu'il a eu et a encore tant de mal à mettre en bouche des mots pour dire, autre chose que ce qui lui échappe en quelque sorte, d'un autre registre, là où il en est de son acquisition du langage?

Représentation spatiale, représentation figurée, pensée en image, ses difficultés à mettre en place sa parole dès qu'un schème dépasse 2-3 syllabes, témoignent de la difficulté de son cerveau à organiser une pensée en mots représentants d'images, sauf à énoncer des phrases toutes faites qui font illusion sur sa capacité à communiquer au-delà du registre affectif impliqué dans les situations duelles qu'il rencontre.

Sur un plan théorique, il nous renverrait ainsi à la dissociation automatico-volontaire du syndrome de Baillarger Jackson, analysée pour certains aphasiques au siècle dernier. Le principe même de notre travail est de s'appuyer sur ce qui fonctionne pour que l'évocation puisse s'appuyer sur des représentations, là où il peut s'en constituer.

Un langage qui nomme, objets puis actions. Mais ces dernières impliquent l'identification de signes à lire chez l'autre au niveau du corps, ce qui implique une décentration et l'appréhension d'un autre code sémiologique que verbal, ce qui se fait en principe, sans apprentissage spécifique, ce que nous tentons de faire, à partir des images, dans notre nouveau programme de travail auquel il s'est soumis sans trop de réticence.

La maîtrise de ce dernier logiciel de jeu met en jeu la capacité à tenir compte de plusieurs facteurs à la fois, et greffée sur la vie courante, ne peut que l'aider à développer sa capacité à s'autonomiser, à ne pas réagir impulsivement, à ne pas renoncer en cas de signal d'alarme mais accepter de repartir en restant celui qui mène le jeu de son parcours... A aller chercher sur l'écran ailleurs que là où s'est manifesté le signal, la solution à apporter sans se laisser distraire, bref à lier toutes ces opérations mentales pour la maîtrise des activités et ce qu'elles impliquent, pour ne citer que quelques unes de celles que le déroulement d'une journée implique.

Il va y réusssir de mieux en mieux dans les séances suivantes, parallèlement au travail sur le langage avec les images du livre (à suivre). 

Le travail s'effectue ainsi dans une double approche, sur la prise de conscicence de l'autre, de ses caractéristiques propres par ce qui n'est pas partagé dans le champ familial, et de ce qui passe par des codes spécifiques qu'il ne sait pas identifier comme tels, même s'il les manie parfois intuitivement associés à des énoncés situationnels stéréotypés. Pour l'un comme pour l'autre un travail sur les représentations des actions dans le temps ne peut que favoriser leur inscription en mémoire, condition de leur automatisation.


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Published by Jaz - dans Handicap
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 14:58

 

AUT 0293Une réponse différée...

 

 

Une maman inquiète écrit en demandant que faire pour sa fille de 10 ans qui semble bien être "dys" tout azimut avec 4 ans de suivis thérapeutiques correspondants à chaque dys (lexie, praxie, calculie, orthographie) et qui résiste encore à lire, appliquer les règles apprises etc... Dans mon expérience, cela m'a paru assez fréquent et l'évocation des problèmes de mémoire de travail ne peut tout justifier.


J'irais chercher du côté de l'absence de flexibilité mentale sur le plan neuro-psychologique et sur le "bindind problem" en ce qui concerne le lien à établir entre deux éléments distincts, à mettre en relation avec le fait que chaque "symbole" proposé n'existe que dans sa matérialité (et non comme symbole), à chaque fois nouvelle figure, dès les lettres, constituant du signe étiquette de de Saussure. Chaque syllabe doit être redécouverte et laborieusement reconstruite par l'enfant qui n'en finit plus de déchiffrer. C'est pourquoi je propose à l'enfant des images métaphoriques et des expériences qui pourraient lui permettre d'aller au-delà de l'apparence, de l'autre côté du miroir en quelque sorte. Il semblerait que pour certains d'entre eux, il n'y ait pas de stage logographique dans l'apprentissage.

J'en citerai deux exemples pour illustrer la façon "technique" dont j'ai procédé pour le travailler, dans une situation donnée, face à un enfant déterminé:

- dans le premier exemple, enfant de 9-10 ans, j'ai attrappé le sac de lettres scripts en plastique (donc formes sans support) et l'ai vidé par terre en les jetant au loin, en jetant ces quelques mots "un caca de lettres, pourquoi faut-il qu'il y en ai tant!" Mars les a ramassées en tas, et les a examinées de près pour retrouver celles qui étaient identiques donc différentes d'autres, avec l'orientation qu'on a choisi ultérieurement pour p/b et d/q, u/n . Dans cet exemple où, de par mon expérience de DL, il n'y avait rien de calculé, l'affect négatif a été évacué par la violence de l'acte et de son commentaire, et l'identification/différenciation a  surgi, ouvrant la voie à l'organisation du "système".

L'image qui introduit l'article est celle de ses premiers mots écrits significatifs avec ces mêmes lettres, ultérieurement. Make now (tout un programme, en anglais sans qu'il le parle, mais ses premiers essais d'écriture au hasard avaient pu être segmentés dans cette langue pour qu'ils prennent sens). papa maman, coca (entraînement au graphisme avec cacaca etc), capucine le nom de sa soeur, puis c'est (son prénom) moi.

 - le deuxième exemple aide à prendre conscience de ces différenciations de façon intuitive par la manipulation (il est emprunté à une graphologue qui travaille avec les gauchers): il s'agit de faire placer un b qu'on forme en pâte à modeler sur une vitre (un rond ou demi-rond et un bâton) et de tourner cette vitre dans l'autre sens puis... de la retourner. Tout s'éclaire: une même forme de base peut devenir tout ce que l'on veut selon comme on la regarde. Cela assure la "permanence" de l'objet concret de base, malgré la reconnaissance que nous avons de son nom selon le point de vue que nous adoptons. La valeur en résulte, transcendant sa matérialité.

 

Sans faire avancer la réflexion théorique d'un grand pas, ces deux exemples sont doublement complémentaires. Ils ouvrent à une autre perspective, celle de la libération des affects qui bloquent un processus évolutif pour le premier, et permettent, dans le second, l'ouverture à la troisième dimension, moteur puissant de l'ouverture à l'imaginaire, qui permet le déplacement non dans un espace plan où n'ont pu s'établir les repères, mais dans la recherche d'un autre point de vue qui est donné par le retournement.

...

Le travail de l'orthophoniste ne fait que commencer car il s'agit, de mon point de vue encore, d'asseoir ces intuitions sur une intériorisation de la dimension systémique du langage écrit pour que les faisceaux de règles, qui révèlent son fonctionnement pour ceux qui apprennent, prennent sens et puissent enfin s'inscrire et se fixer. Et cela peut tout aussi bien concerner le calcul (Illis).

Il s'agit bien de prendre de l'assurance et de gagner en flexibilité. L'ouverture d'une porte ne peut suffire. Elle peut passer par d'autres voies. Chaque histoire d'enfant et chaque relation thérapeutique est différente. Il n'est qu'à consulter les articles en indexant (dans recherche) les noms des enfants présentés sur le site (prochainement un article ici même pour un récapitulatif de ceux du blog), pour le réaliser.


La porte ouverte par Jimminy lui-même n'a été qu'une étape lointaine vers l'ouverture aux apprentissages pour cet enfant en souffrance qui n'arrivait pas à "se" situer dans l'espace temps de son histoire, de sa relation à son père, où l'on devient celui qui peut apprendre, comme avant lui, dans ma pratique, Illis, Tom, Laure, Corine, Noémie et bien d'autres, et, d'une toute autre façon, dans l'ouverture symbolique enfin disponible pour Max lorsqu'il joue avec les mots.

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Published by Jaz - dans Dyslexie
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