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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 10:55

  Abrac   Le chemin de vie

 

 

      Un parcours de textes qui lui parlent a servi de support à Miloud pour résister à la dépression lorsque, une fois de plus après 2 mois, au moment de lui faire un CDI, son "casier" l'a interdit.

 

"La magie des mots" comme la formule magique "abracadabra", certes, mais faut-il y avoir accès pour s'approprier leur pouvoir.

 

      Miloud, 23 ans, près de 10 ans de prise en charge, n'arrive toujours pas à lire couramment. Il vient cependant de reprendre une prise en charge de longue durée avec une prescription du médecin du service de neuro-psychologie d'un grand hopital parisien qui n'arrivait pas à le croire aussi handicapé! Elle n'avait jamais vu ça!

La copine de Miloud, bachelière, ignore ses difficultés à lire et son désarroi face à l'écrire. Il se débrouille. Et toujours pas de bilan neuro-psy (motif de la consultation)... On fera sans, à notre manière.

 

Il est donc revenu en règle avec l'ALD, et après un voyage au "pays" qui nous a permis de reprendre la question de ses racines (le grand-père qui l'a élevé est décédé), son insertion dans sa culture, la fonction qu'il remplit dans son groupe familial (lien avec les ancêtres), avec un travail de mémoire et de narration, il démarre l'année  bien plus disponible, réserve une quasi priorité à nos séances (au moins deux ou 3 par semaine)...

 

[Il rapporte le livre que je lui avais passé, il y a longtemps: "Le passeur", dont il avait tout oublié. Il lui faut tout reconquérir côté lecture (il en est à peine à la reconstitution du mot avec subvocalisations), mais il y découvre un monde régi par d'autres règles que celles du nôtre et nous analysons les différences...

- Le travail technique va  porter sur la révision des variations graphiques mais très vite nous aborderons les règles d'écriture qui l'aident à dépasser un simple déchiffrage comme la ponctuation, donc les actes de langage, les marques du dialogue, pour accéder au texte, parallèllement à un travail pour automatiser la syllabation qui lui évite d'inventer...

- Mais ce qui l'accroche, c'est la thématique du livre. Comme le héros, il s'étonne, dans un monde ou tout suit son cours sans états d'âme, car tout est prévu pour chacun etc... un peu comme cela se passe pour les jeunes qu'il côtoie qui ne se questionnent pas comme lui.]

 

C'est alors que je repère un article  sur un blog (treflerele) qui va permettre de réactualiser le travail entrepris autour du même thème, Lâchez-prise, il y a près de deux ans, article qui sera le point de départ d'autres lectures empruntées à ce même site...

 

[Je tire le texte en petits caractères (je n'ai pas eu encore l'idée de le copier/coller en fichier Word) et le lui remets. Il s'y accroche, même dans le RER, il l'a tout le temps en poche... pendant plusieurs semaines, les autres s'étonnent.

Il me dit alors:

"ça m'énerve, heu, heu, heu, pour lire: je décompose les trucs"

 

Et sur le plan technique il me montre comment il déchiffre tous ces mots qui n'appartiennent pas à "sa" langue, tout comme certains néologismes qu'il rencontre dans "le passeur", notre livre de travail, lorsqu'il ne peut lire/dire "un groupe de sept-ans", "l'élargissement", ou lit "Jean" pour "Jonas". Il finit par y  arriver, en passant par la syllabe, mais il faut recontextualiser le mot pour qu'il prenne sens. S'il ne procède pas ainsi, il dit souvent n'importe quoi: il veut aller vite.

Je parle d'une étape et lui annonce la suivante, après le mot, son objectif actuel, le groupe de mots. Il est conscient de devoir  

"lire tout le temps, et m'accrocher mais parfois je bute sur les mots."]

Nous revenons au texte "Lâchez-prise" et il commente:

 

"ça me fait mal aux yeux: ce que tu lis te percutes!"

 

Sur le plan du sens à découvrir dans ces  textes:

 

"Tout ce qui arrive peut me servir de leçon"

 

il complète cette remarque par "ça me tape, ça me touche mais pas des mots".

 

Il en est donc à une appréhension complexe des mots, tant du côté de leur forme que de l'horizon d'interprétation que leur sens ouvre à sa réflexion permanente sur ce qui lui arrive et différentes façons d'y répondre.

 

Les textes suivants ont constitué un vrai parcours  avec toujours cette même démarche réflexive :

"Le futur"

"Le monde comme miroir"

"Les trois portes"

"Ici et maintenant tout est possible"

"La porte du bout du monde"

Et le dernier "Là-haut sur la montagne".

 

Les discussions l'ont amené à chaque fois à élargir son point de vue, à partir de là où il en était:

 

- Lâcher-prise: en dehors d'exemples comportementaux, il était renvoyé au problème de fond de la nécessaire "maîtrise" de certains DL, accepter le changement, il se rappelait le verre à moitié vide, et a compris de lui-même qu'il lui fallait passer au verre à moitié plein... Ce qu'on appelle "positiver", arrêter de se demander "pourquoi à moi?".

Il n'en était pas encore à se mettre à la place de l'autre mais le texte suivant allait l' aider à se tourner vers autre chose.

 

- Le futur: nous avons repris sa flèche d'il y a un an pour y situer le futur dans le cadre de son histoire personnelle, la place du passé et la fonction du présent, mais ce qui lui avait vraiment plu dans le texte, c'était d'avoir découvert que la lune qu'il croyait être une étoile comme le soleil, ne pouvait que refléter la lumière du soleil.

C'était une remise en cause de ce qu'il croyait savoir.

 

- Du reflet, nous sommes passés à la fonction du miroir. Ce texte, "Le monde comme miroir", introduirait ainsi le rapport à l'autre... et ce qu'il nous renvoie de nous-mêmes, à notre image.

Il s'est révélé très difficile à comprendre pour lui.  Il lisait encore très mal et avait du mal à reconstituer mentalement les tableaux de chaque épisode, à percevoir leur description comme celle d'un décor.

Le grand-père représentait l'élément de continuité.

[Nous avions déjà abordé la fonction de transmission des Anciens à propos d'une image qui l'avait beaucoup frappé dans un PPT de voeux 2009, où la diapo lui avait rappelé le grand-père de son enfance parlant à un jeune enfant devant un dromadaire, et à l'émotion qu'il en avait éprouvée...

Ce support avait été pour lui une première ouverture au travail qu'il faisait actuellement sur lui-même, car la prise de sens de la lecture du texte avait été facilitée par le support analogique, musique et image, le mode analogique favorisant le recul nécessaire pour qu'il puisse  mieux saisir le sens de sa propre vie et se l'approprier pour enrichir sa connaissance du monde et de lui-même. Il exprimait cet impact en disant à chaque nouvelle image: "C'est trop!" ]

Mais ce qui lui a posé le plus de problèmes à comprendre dans le texte   concernait le mensonge. Il était piégé comme l'enfant de l'histoire, prenant tout au pied de la lettre. Il a fallu revenir sur nos discussions lorsqu'il s'était fait arrêter, pris pour un autre, car il n'imaginait pas qu'on ne puisse pas le croire, puisqu'il n'avait rien fait. Il avait pu alors exprimer sa souffrance du regard de l'autre à son retour, et nous avons reparlé de la façon dont sa mère l'avait reconnu, avant qu'il ne devienne capable de se réhabiliter à ses propres yeux en quelque sorte...

 

- Ce dernier texte avait ouvert à l'imaginaire du conte. Le suivant, "Les trois portes", venait à point nommé pour l'aider à répondre à son questionnement sur son avenir: pour parfaire son apprentissage de la vie.

Il a mis du temps à en venir à bout et s'est engagé avec le héros, voulant vérifier ses hypothèses à chaque porte qu'il arrivait, non sans peine, à franchir, heureux d'avoir compris, ce qui était remis en cause à la suivante... jusqu'à la "Troisième sagesse" qu'il n'a probablement pas bien saisi, ce qui laissait place à d'autres textes à venir. Il en a tiré quelques leçons pour mieux supporter la précarité de sa situation professionnelle, les problèmes familiaux... Il se le "disait" à lui-même selon son propre témoignage.

 

- Le texte suivant, était difficile d'accès et nous n'avons discuté que de la fin qui l'a totalement séduite comme image. Il détenait les cartes de sa vie:"Ici et maintenant tout est possible". J'ai rappelé que je lui avais suggéré de s'inscrire à un atelier pour "créer" avec la thérapeute qui proposait ces cartes, ou d'aller parler avec le psy. Il avait choisi ce dernier mais n'avait pu donner suite. Cela l'avait aidé, certes, il avait parlé de lui, de certains problèmes d'actualités ce qui avait répondu à quelques questions qu'il se posait, car il est revenu rasséréné (il était au bord d'une dépression), mais n'a pu y retourner. Il n'était pas prêt pour le travail qu'il fait maintenant.

Il a vraiment repris à son compte ces cartes et en reparle souvent, pour se rassurer sans doute!

 

- Et  nous sommes arrivés à "la porte du bout du monde". Je n'en espérais pas tant pour le guider. On retournait dans l'univers des contes, avec la situation classique de trois frères, chacun représentant une approche différente de la vie. Texte court (pour un mauvais lecteur), qui introduit le dialogue (il n'y a pas longtemps qu'il s'y repère) et ouvre ainsi une porte au dialogue intérieur (mode de fonctionnement quasi permanent chez certains dyslexiques). Il a cependant un peu de mal à le lire seul.

[Ne pouvant lire vite il doit s'y reprendre à plusieurs fois et témoigne d'un effet de saturation en ces termes: "au bout d'une page, je n'arrive plus, les mots sont comme de la bouillie dans ma bouche, toutes les lettres mélangées, je n'arrive plus à les prononcer"]

Nous lisons ensembles la fin du texte. Il n'a donc pas eu l'occasion de méditer sur la conclusion du père que je commente rapidement sans insister. 

 

- C'est alors qu'est arrivé sur le blog le texte "Là-haut sur la montagne". Il est beaucoup plus court et j'espace les paragraphes.

C'est ainsi que j'isole; "tant pis si j'ai peur, je vais quand même essayer de monter."

[Il commence à le lire à haute voix en essayant de le segmenter en rhèse, avec une erreur que son frère Youcef (dyslexique d'un tout autre fonctionnement) fera également: on parle d'attendre, il lit entendre car on vient de parler d'un bruit...]

Il est enthousiaste et revient le lendemain en demandant seulement, pour le dernier paragraphe, s'il a bien compris que "certains veulent emporter trop de choses, tout ce qu'ils ont?"

Il aurait ainsi réalisé intuitivement la différence entre "être" et "avoir"...

 

Je me rappelle son premier gribouillis:

"la peur qui mélange" et la capacité qu'il va manifester ensuite (voir le deuxième) à "faire des liens" du fait de nos nombreuses discussions... Il suffit de lui proposer des mots, il sait s'en saisir et se les approprier dans le contexte significatif de sa propre vie.

   

Il vient de perdre son dernier emploi et c'est ainsi que nous discutons sur ce que chacun de ses CDD lui a apporté, et plus précisément ce que chacun dans sa spécificité a pu apporter à son évolution personnelle.

 

Nous reprenons les 3 derniers CDD. "Que t-ont-ils apporté?" Il me répond par le travail qu'ils ont suscité:

"Des mots, j'ai du mal à exprimer les idées."

 

[Je lui rappelle notre analyse de ce qui s'est passé lorsqu'il était livreur et se déplaçait beaucoup. Il était avec un "ancien" "qui lui explique ce qu'il a fait".

Nous revenons à son poste de surveillant de gymnase: le travail que nous avions fait pour décrire son travail, ses motivations afin de préparer un nouveau CV, la lettre au Président du Tribunal pour essayer de se faire recruter,  son enthousiasme dans le travail, l'expérience de trop de confiance qui a entraîné un vol: son "erreur de débutant" pour reprendre ses propres termes suggérés par le collègue responsable qui voulait le faire recruter.]

 

Je lui rappelle nos analyses de son décalage avec ses copains quand il était plus jeune.

 

Il évalue le dernier travail qui vient de s'arrêter:

"J'ai eu du mal pour celui-ci"... et il reprend à son compte mes hypothèses pour les deux premiers, il se donnait à fond. Il poursuit: "Dans le dernier j'avais une autre personnalité: je me suis mis en retrait, j'ai regardé comment cela se passe. Il ne faut pas trop parler, pas trop s'intégrer."

 

Nous discutons également de son parcours d'apprenti lecteur avant cette dernière prise en charge et la lecture de ces textes:

"Avant je voyais des lettres partout, je ciblais des sons. Noyé grave.

Après j'arrivais, avec les papiers à remplir, pas perdu.

Et justement, il y a justement une fiche d'identité à remplir sur le cahier rouge".

[il s'agit d'un cahier FLE qui me permet de réintroduire l'écrit...]

 

Il s'étonnait dans nos discussions "c'est trop!" et "comment vous savez?"... Aussi je me permets ce commentaire amusé,

"rien n'arrive tout à fait par hasard, c'est ton chemin!"

 

 

DISCUSSION

 

En évaluant une recherche réalisée au collège, j'avais posé l'hypothèse d'une période d'éveil nécessaire aux non-lecteurs pour arriver à lâcher-prise et réussir à lire. Mon expérience avec un enfant pris en charge en 3e année d'apprentissage évaluait ce temps à 5 ans. C'est le temps qui a été nécessaire à ceux du groupe du collège qui y sont parvenus également.

 

Que conclure sur la démarche de prise en charge de Miloud? Coach ou orthophoniste?

 

Il y avait tout à reprendre certes, et comme il était beaucoup plus âgé que ceux de la recherche citée, tout comme Benji, également non-lecteur mais probablement moins intelligent que Miloud, ce temps ne pouvait suffire. La vie l'a obligé à quitter l'école, préparer son permis (tout seul, pour se prouver à lui-même... il a donc arrêté plus d'un an), faire des petits boulots, des expériences etc.

 

Du point de vue de cet article, il se plaint encore sans cesse de cette langue qui n'est pas celle qu'il parle. Et il ne fait pas référence seulement à sa langue de dyslexique face à "l'écrire", langue qui ne peut s'appuyer sur aucune base puisque le jeu des identifications implique sa langue d'échange avec ses pairs, qui n'est pas celle de nos échanges, celle qu'il utilisait avec les enseignants au LEP ou qu'il utilise maintenant avec un médecin ou lorsqu'il se présente pour se faire embaucher.

 

 

  • Que dire de plus sur l'évolution de sa dyslexie que ce qu'il en dit lui-même! Il s'auto-analyse, réfléchit, même seul, il m'explique son chemin de lui-même:

 

"quand j'ai du mal, je vais voir le mot d'après"

et demande sans cesse le jeu d'entraîneur cérébral:

"quand je fais bouger des trucs dans ma tête, ça va mieux".

 

A la dernière séance, il s'exprime sur une journée avec le patron de son futur travail de livreur si on l'embauche:

"C'est dur. Faut connaître. Attendre, dans les embouteillages, à Paris".

 

Je lui fais remarquer en souriant que cette nouvelle expérience, si différente de la première, lui apprend la patience  et lorsqu'il fait allusion aux dangers de la circulation, je lui rappelle que le scooter de ses 16 ans l'a encouragé à lire... le nom des rues, un plan pour trouver le siège de l'assurance etc... Il commente:

"Je suis fier de moi. Je reviens de loin. Faut se battre..."

 

  • Insécurité, Monde décalé, Impulsivité (tout, tout de suite), phénoménologie de certains dyslexiques:

je reprends en le commentant le fait de "grandir", le décalage du retard en lecture, mais aussi pour comprendre les règles de vie qu'on apprend sans avoir à l'apprendre quand on n'est pas dans sa problématique...

 

Il se sert de ce qu'il lit comme dans ces textes:

"ils m'ouvrent les yeux pour placer mes pions sur la vie. Je me plains pas."

[Il aurait pu dire, plus au lieu de pas car il avait mis cette plainte en lien avec le verre à moitié vide et son désir de changer de façon de le percevoir enfin réalisé]

J'ajoute "Tu es en train de "grandir"...

 

Il a alors le mot de la fin à propos des textes:

 

"J'aurais jamais pu dire ce que je dis comme ça!"

   

 

 

 

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Published by Jaz - dans Dyslexie
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commentaires

Evy 12/10/2016 20:10

Prend soin de toi douce soirée bisous féerique

Jaz 13/10/2016 11:03

merci.Evy
ça positive d'être poète. il faudrait que je m'y mette. Je n'ai jamais aimé ni les poupées ni les contes de fée, trop dans le réel ou en quête d'aventure imaginaire. deux mondes... J'ai quand même écris un texte où je me suis lâchée après l'avoir raconté oralement et dessiné. tout cela pour "écrire"! je vais le mettre un de ces jours sur jazblogtest.


bonne journée à toi avec un rayon de soleil
Jaz

Evy 11/10/2016 14:23

Bonjour j'ai rajouter ton lien je reviendrais lire dans la journée faut juste t'inscrire sur mon blog pour me suivre lit bien on peut poster des choses différente au plaisir je m'inscrit pour te suivre Evy
http://plume-de-poete.over-blog.com/2016/10/defi-n-79-theme-le-pouvoir-des-mots.html

jaz 12/10/2016 08:33

bonjour Evy


merci de tes indications.


Le rapport de ceux que je suis, et dont je suis, leur rapport aux mots n'est ni plaisir ni bonheur, mais de les lire, interpréter autrement et de le savoir. Heureusement ils ont parfois des trouvailles ou arrivent même certains à se libérer de leurs contraintes.


Je serai heureuse de participer.à ces échanges..


A très bientôt
(Je ne peux écrire facilement en ce moment mais espère guérir rapidement)

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